Brabant wallon

Arnaud roulait en quad avec Samuel lorsque celui-ci a percuté une chaîne en pleine campagne.

Lundi, vers 14 heures, Samuel Gross a perdu la vie dans un tragique accident. Au guidon de son quad, il n’a pu éviter une chaîne dressée devant lui, sur un chemin où rien ne laissait entrevoir qu’il débouchait sur une propriété privée. La chaîne a glissé sur le carénage du quad, alors qu’elle aurait pu bloquer l’engin. Elle est venue frapper à la gorge de l’infortuné de 27 ans, papa d’un petit garçon de deux ans. Il est décédé dans les secondes qui ont suivi.

Sur les réseaux sociaux, la méchanceté n’a aucune limite. De quoi faire réagir Arnaud, qui se trouvait sur un second quad, une cinquantaine de mètres derrière Samuel. Avec l’accord de la compagne, mais aussi de la maman de Samuel, il tient à donner sa version des faits. Il est l’unique témoin !

"Arnaud est un ami de longue date. Depuis 2-3 mois, nous avons acheté nos quads pour faire de l’off road. Ils sont immatriculés et en règle ! On aime se balader une bonne heure, sans jamais planifier nos itinéraires. On roulait en duo, il n’y avait pas de règle quant à savoir qui roulait devant ou derrière, mais la consigne était de rouler espacés de 50 mètres, pour la sécurité et surtout, éviter les projections de boue."

Cela fait une bonne trentaine de minutes que le duo a démarré lorsque, après avoir emprunté un chemin pavé devenu chemin de terre, ils arrivent à un carrefour avec la rue d’Autre-Église. "En face, il y a un chemin du même type que celui qu’on venait d’emprunter. Des pavés avec de la boue. Aucun panneau n’est présent ! Puisque l’on fait du off road, on l’emprunte donc très logiquement. Il y a une ligne droite d’un chemin de plus en plus boueux. Puis un virage à gauche, suivi d’une légère courbe à droite avant un virage à 90° à droite, en légère montée. Une fois que j’ai négocié ce virage, j’aperçois une cinquantaine de mètres devant moi que Samuel est couché au sol, son quad un peu plus loin, dans une petite courbe vers la gauche."

Arrivé sur place, le premier réflexe d’Arnaud est d’éteindre le quad qui fait beaucoup de bruit et il se précipite sur son ami. "Il présentait encore quelques signes de vie, mais c’était très léger… Il respirait encore mais, très peu. J’ai activé Google Maps pour nous situer et j’ai appelé le 112 ! L’interlocuteur m’a calmé et m’a aidé à faire les gestes pour sauver Samuel. Mais en vain."

La police est arrivée, puis le Samu, mais il était hélas trop tard… Arnaud insiste pour préciser que Samuel portait le casque, les gants, la veste et les bottes pour la pratique du quad. Ce n’était pas la première sortie du duo, au contraire. "Mais toujours pour passer un agréable moment, sans prendre de risque. J’ai lu qu’il roulait trop vite… C’est faux. Il était au maximum à 40 km/h. On ne sait pas rouler plus vite à cet endroit où il y a une succession de virages, de la boue et des ornières."

Quant à la chaîne , Arnaud indique qu’"elle se trouvait pile après le tournant. Elle était rouillée donc peu visible. Et même à 30 km/h, c’était impossible de réagir ! Je suis mitigé dans mon sentiment. D’un côté, c’est la faute à pas de chance, pour le même prix, c’était moi devant… Mais après, je me dis que si cela avait été mieux signalé, on n’aurait pas pris cette direction, encore moins si on avait su que cela débouchait sur une propriété privée… Quand on voit un panneau chasse ou propriété privée, on ne s’y aventure jamais !"

Selon nos informations, la propriété privée débute une bonne cinquantaine de mètres avant l’endroit du drame. Mais aucun panneau ne s’y trouve. Le lieu est donc bien privé, sur les réseaux sociaux, on apprend d’ailleurs que certains iraient y faire de l’airsoft…

"Samuel était aimé de tous"

Enfant unique, Samuel Gross laisse une maman et des grands-parents. "Il était aimé de toute sa famille, indique Arnaud. Je le connaissais depuis longtemps. Je ne l’ai jamais connu en dispute avec quelqu’un. Il trouvait toujours du positif chez les gens. On pouvait toujours compter sur lui. Il a commencé à travailler avec son beau-père dans le bâtiment à l’âge de 16 ans comme étudiant puis a continué dans la même société. Autodidacte, il avait de l’or dans les mains ! Il a fait sa maison seul. Tout ce qu’il faisait, c’était pour sa compagne Marilys avec qui il était depuis plus de 10 ans. L’amour de sa vie ! C’était aussi pour Théo, son petit bonhomme de deux ans qui pourra grandir dans un endroit que son papa a fait pour lui…"