Des habitants de Bousval se mobilisent contre un projet de l’IBW

BOUSVAL Le projet d’assainissement de la vallée du ry de Pallandt et de la Cala, qui se concrétisera par la pose, à Bousval, d’un collecteur d’eaux usées sur deux km et l’installation d’une station d’épuration de 4.000 équivalents habitants, suscite bien des inquiétudes auprès des riverains.

Et pour cause : le tracé proposé par l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW) pour la pose du collecteur traverse une centaine de propriétés privées. Les propriétaires devraient alors en être expropriés, en sous-sol.

Certains arbres centenaires pourraient être abattus tandis que le passage de camions et bulldozers labourerait les jardins sur 20 m de large. Sans compter l’impact éventuel sur une zone Natura 2000, située à proximité, où 65 espèces d’oiseaux ont été répertoriées.

De plus, le collecteur passerait à moins d’un mètre de certaines maisons et traverserait piscines et étangs privés.

En août, une réunion d’information avait été organisée, provoquant une levée de boucliers chez les riverains. “Cette réunion a eu lieu pendant les congés estivaux , explique Jacques Litwak, propriétaire d’une parcelle qui sera traversée de part en part par le collecteur. Nous n’avons eu que quatre jours pour faire nos remarques. Ce n’est pas loyal. Pas mal de gens ont été choqués.”

Un collectif pour l’assainissement raisonné des cours d’eau (Carce) s’est alors constitué. Et une pétition a réuni une septantaine de signatures. Depuis, l’IBW a retiré sa demande de permis, après un avis défavorable de la commune, sans pour autant abandonner le projet.

Mais alors que les négociations vont bon train, le Carce veut maintenir la pression. “Nous comprenons le bien-fondé d’un projet d’assainissement de la vallée mais doit-on détruire la flore et la faune ? Sans oublier la pose des collecteurs qui risque de mettre à mal la stabilité de certaines maisons sans fondations. L’IBW nous affirme qu’elle remettra tout en état. Quid des arbres centenaires qui seront abattus ?”

À l’heure actuelle, le Carce estime avoir obtenu gain de cause sur 80 % de ses doléances. “Mais il reste de nombreux problèmes. Comme le lieu d’implantation de la station d’épuration (NDLR : actuellement en face de la rue Ponce Pillet, sur l’avenue des Combattants) et sa capacité. Il ne faut pas qu’elle soit trop grande et qu’elle serve de prétexte à une urbanisation du site dans le futur.”

Enfin, certains terrains à bâtir pourraient devenir inconstructibles ou être dévalorisés avec la présence de ce collecteur en sous-sol.

“Nous ferons le forcing pour que nos revendications soient rencontrées. Mais il faut un compromis. Moi-même, j’accepte que le collecteur passe sous mon étang, aux risques que les sources naturelles soient détournées. Tous ne seront pas prêts à faire de tels efforts. L’IBW doit en tenir compte. Sans quoi, le projet s’expose aux recours. Pour une personne de 80 ans, retarder le projet de 15 ans n’a aucune importance…”



© La Dernière Heure 2010