En possession d'un visa en règle, Junior Masudi Wasso, inscrit à l'UCLouvain en économie, avait été interpellé par la douane à son arrivée à l'aéroport de Zaventem au motif qu'il aurait été dans l'incapacité de répondre à des questions en lien avec le cursus universitaire dans lequel il était inscrit. L'étudiant, âgé de 20 ans, avait ensuite été envoyé au centre fermé Le Caricole de Steenokkerzeel en vue de son expulsion.

À son arrivée en Belgique, Junior Masudi Wasso "ne remplissait pas les conditions d'entrée. Les autorités frontalières ont établi qu'au moment de son entrée en Belgique, ses droits d'inscription n'avaient pas été payés et que le but du voyage de l'étudiant n'était pas suffisamment prouvé", justifie l'Office des étrangers.

Il a cependant été confirmé ce lundi que le ministère congolais des Affaires étrangères avait bien versé les droits d'inscription de l'étudiant, poursuit l'Office des étrangers. L'UCLouvain a également fourni "des informations supplémentaires sur les éléments et la manière dont l'université a évalué l'aptitude de l'étudiant et son intention d'étudier à l'université", selon l'Office des étrangers.

L'annonce de l'expulsion de Junior Masudi Wasso avait suscité l'indignation au sein de la communauté universitaire louvaniste. Dans les rangs politiques francophones, tant dans la majorité que dans l'opposition, des voix se sont également élevées pour réclamer une révision de la décision d'expulsion de l'étudiant en économie et s'étonner du traitement que lui réserve l'Office des étrangers alors que le jeune homme disposait d'un passeport et d'un visa délivré par l'ambassade de Belgique à Kinshasa.

La FEF et l'AGL veulent une réflexion sur la politique d'accueil des étudiants étrangers

La Fédération des étudiants francophones (FEF) et l'Assemblée générale des étudiants de Louvain-la-Neuve (AGL) se réjouissent de la libération de l'étudiant congolais Junior Masudi Wasso, qui avait été menacé d'expulsion, ont-elles indiqué lundi dans un communiqué. Mais pour elles, il faut mener dès à présent une réflexion sur la politique d'accueil des étudiants étrangers. Selon la FEF et l'AGL, "il ne fait pas de doute que la pression mise par une large partie de la société civile a influencé cette décision". Elles ont en outre souligné que la situation que Junior Masudi Wasso a vécue était "d'une profonde injustice" et que "la lumière devra être faite sur la décision arbitraire dont il a été victime".

La Fédération a par ailleurs fait savoir qu'elle proposerait prochainement à ses membres de mener une réflexion sur la politique d'accueil des étudiants étrangers pour pousser le gouvernement à prendre des dispositions qui éviteront de reproduire cette situation à l'avenir.

"La FEF et l'AGL souhaitent maintenant que Junior Masudi Wasso puisse entamer ses études sereinement en bénéficiant de toutes les aides nécessaires pour se remettre de ce terrible événement et rattraper le temps perdu", ont-elles conclu.

La ministre de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny (MR), a quant à elle déclaré que l'autorisation pour Junior Masudi Wasso de rester en Belgique était une "excellente nouvelle". "La mobilisation de l'ensemble de la communauté académique a porté ses fruits. Nos établissements d'enseignement supérieur possèdent une longue tradition d'accueil d'étudiants venus des quatre coins du monde. Elle doit être préservée", a-t-elle insisté sur Twitter.

La ministre avait exprimé mercredi son inquiétude au sujet de la situation de Junior Masudi Wasso auprès du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), et réitéré dimanche son appel à une clarification de la situation.