Le nombre de ventes de biens au plus bas depuis 1986

WAVRE On savait que le marché de l’immobilier tournait au ralenti depuis quelques mois mais, désormais, on peut affirmer qu’il fait quasiment du surplace.

En 2009, les notaires du Brabant wallon ont ainsi enregistré 4.277 ventes de terrains, appartements et maisons (chiffres du SPF économie). Ce qui correspond au chiffre de ventes le plus bas depuis 1986, où l’on avait enregistré 3.962 transactions immobilières ! Un chiffre extrêmement bas que les professionnels du secteur expliquent par deux causes.

D’une part par le prix des biens en eux-mêmes. Ce n’est pas neuf : la pression foncière est très forte en Brabant wallon et, pour une maison que l’on achetait 100.000 € en 1985, on devrait débourser 363.000 € aujourd’hui.

De même, le prix des terrains à bâtir a aussi explosé : ils se monnayaient à 85 €/m² à l’heure actuelle contre 14 €/m² il y a 25 ans. Il s’en est vendu d’ailleurs 613 en 2009, soit 300 de moins qu’en 2007. Un phénomène qui peut aussi s’expliquer par la raréfaction de ces terrains à bâtir.

Autre élément à prendre en considération pour expliquer la diminution des ventes immobilières en 2009 : les effets pernicieux de la crise économique. Par crainte d’une perte brutale de revenu, les acheteurs potentiels sont de plus en plus réfractaires à se mettre un emprunt sur le dos.

Au sein des agences immobilières, on fait grise mine et on se serre la ceinture en espérant des jours meilleurs. “Nous avons effectivement constaté une baisse des ventes lorsque la crise a éclaté” , confie Jean Breda, de l’agence wavrienne Jacques Bonnivers. “Alors qu’on vendait huit biens par mois en 2005, on en vend aujourd’hui à peine 4 ou 5. Avec la crise, les gens changent moins de maisons. Le roulement est beaucoup moins important.”

Les agences observent également un glissement des citoyens du centre vers l’est et l’ouest de la province. “C’est logique car, à prix égal, les biens sont plus grands dans ces régions. Et il y a davantage de gens prêts à faire des kilomètres qu’auparavant.”

De son côté, Jacques Billen, gérant de l’ImmoBillen de Wavre, a aussi constaté une baisse importante des demandes de visite. S’il n’y a pas de ralentissements pour les biens de moins de 200.000 €, les visites pour les biens supérieurs ont diminué de 30 à 50 % !

“On observe toutefois une reprise des demandes de visite depuis la mi-mars “, tempère Jacques Billen. “Mais cela ne signifie pas que les ventes reprennent. Le marché est très exigeant dans les domaines pathologique (humidité, mérule,...), urbanistique et énergétique. Les gens recherchent la petite bête pour être sûrs de ne pas payer trop cher pour un bien.”

Le commerçant, dont l’épou- se tient également une agence immobilière à Overijse, est toutefois confiant en l’avenir. “Le Brabant wallon réagit toujours en retard par rapport au Brabant flamand du sud de Bruxelles. Or, là-bas, il y a des signes de reprises. Il est aussi intéressant de noter que beaucoup de francophones de Flandre reviennent en Wallonie et qu’il y a moins de demandes qu’auparavant de Flamands pour s’installer à Jodoigne et Beauvechain. Peut-être est-ce dû aux querelles communautaires actuelles.”



© La Dernière Heure 2010