Brabant wallon La Ligne Rouge s’installe déjà comme l’un des grands restaurants de la province

Au mois de mai dernier, un nouvel établissement a fait son apparition dans le paysage gastronomique de Lasne, et plus précisément dans les anciennes installations du restaurant asiatique Kaiyou, le long de la chaussée de Charleroi (N5), à Plancenoit.

Baptisé la Ligne Rouge, le restaurant ne fait en aucun cas référence au film éponyme, réalisé par Terrence Mallick et dans lequel on retrouve un certain Sean Penn : le restaurant portait, dans un premier temps, le nom d’Eau Rouge.

Ce qui avait valu aux responsables quelques démêlés avec les gérants du circuit de Spa-Francorchamps, dont le virage de l’Eau Rouge est sans doute l’un des plus célèbres de la compétition automobile et qui a donné son nom à un autre établissement situé aux abords du plus beau circuit du monde.

Quelques semaines seulement après son ouverture, l’Eau Rouge est donc devenu la Ligne Rouge. À sa tête, Catherine et Olivier Lust, passionnés de cuisine et de sport automobile. En témoignent les photos, très esthétiques, de véhicules de course et les noms prestigieux donnés aux salles de réception : Fangio, Clark, Ascari… "Dans un rayon de 15 km, on trouve bon nombre de brasseries à succès, confie Olivier Lust. Nous ne voulions donc pas en ouvrir une énième de plus. Nous avons donc pensé le resto autour d’une cuisine soignée. Côté ambiance, nous souhaitions que le client arrive ici et s’y sente rapidement chez lui."

Derrière les fourneaux : un certain Benjamin Laborie, qui, après avoir été formé à l’école de gastronomie Ferrandi à Paris, a œuvré dans des restaurants aussi prestigieux que la villa Belrose à Saint-Tropez (2**), aux Prés d’Eugénie à Eugénie-les-Bains (3***) et chez Michel Bras à Laguiole (3***). "La cuisine est pour moi un moment de partage, d’émotions ressenties, confie-t-il. Je veux être un lien entre les terroirs et ceux qui œuvrent tous les jours afin de nous offrir leurs plus beaux produits. Pour moi, le meilleur est dans le produit, les saveurs simples et précises."

Dans les assiettes, on retrouve une qualité des produits et une maîtrise culinaire de la part du chef qui frise avec la perfection. Point de défauts dans les plats proposés : le chef travaille des produits frais et de saison, les associations de saveurs sont justes et les cuissons maîtrisées. Le chef se fait plaisir et cela se ressent dans l’assiette, tant pour les yeux (un dressage méticuleux et coloré) que pour les papilles. Le tout parfaitement mis en valeur dans une salle moderne mais décorée avec soin et qui plonge immédiatement le convive dans une atmosphère décontractée et intimiste.

Au menu, de délicieux effilochés de dos de cabillaud, des ravioles de foie gras et leur consommé de queue de bœuf, des filets de canard de la maison Burgaud ou encore, en dessert, de surprenants dômes au chocolat Kalapaia avec leur insert à crème brûlée aux agrumes et leur granité de kalamansi.

Un vrai régal qui devrait permettre à l’établissement d’encore progresser dans les guides culinaires (actuellement 14/20 au Gault&Millau) et peut-être de décrocher une étoile au Michelin dans les prochaines années.

Quant aux prix, ils peuvent paraître élevés et ne s’adressent pas à toutes les bourses. Mais ils correspondent bien à ce que l’on retrouve dans les assiettes. Si les plats peuvent être pris à la carte, on vous conseillera d’opter pour les menus, à partir de 45 euros. Le midi, un lunch deux services est aussi accessible pour 25 €.

Seul petit bémol : une situation géographique pas idéale qui nécessite de se déplacer en voiture. Voire en hélicoptère : le restaurant est doté d’une piste d’atterrissage agréée !