Créée à Loupoigne mais brassée à Binche, la bière existe sous 4 déclinaisons.

Après la Kwak, la Tripel Karmeliet et la Deus, AB InBev a mis la main sur la… Ginette. Cette bière biologique a été créée il y a sept ans par trois amis originaires du Brabant wallon et de Bruxelles.

Il y a deux ans, deux nouveaux actionnaires sont entrés dans le capital, tandis que l’un des trois fondateurs a quitté le projet. Sept ans après sa création, la Ginette entre donc dans le giron du numéro 1 mondial de la bière. "Nous avons vendu l’entièreté de nos parts, confirme Didier Hamoir, l’un des trois fondateurs. La Ginette intègre le portefeuille d’AB InBev mais rien ne change. Nous continuons tous les quatre à travailler depuis notre bureau de Loupoigne pour le compte d’AB InBev."

Si la Ginette est gérée depuis ce village genappien, c’est à Binche qu’elle est brassée sous quatre déclinaisons : la blonde, la fruitée, la blanche et la triple.

Pour AB InBev, l’objectif est de se renforcer dans le segment des bières spéciales et artisanales, qui est en forte croissance. Avec une production de 1.500 hectolitres par an, la Ginette est considérée comme une bière artisanale.

Selon son créateur, c’est surtout le concept bio qui a intéressé AB InBev. "La Ginette a intégré Pioneer, le portefeuille de bières spéciales et artisanales du groupe, ajoute Didier Hamoir. C’est cette branche qui a récemment racheté la Tripel Karmeliet et la Kwak."

Selon lui, il était nécessaire d’amener des capitaux frais pour assurer le développement de la Ginette. "Nous avons enregistré une croissance de 25 % par an depuis sa création. Nous brassons aujourd’hui 1. 500 hectos mais notre brasseur ne pourra pas dépasser les 3 .000 hectos."

Comme il était impossible pour les quatre actionnaires d’investir "plusieurs millions d’euros" dans la fabrication de leur propre brasserie, ils ont accepté la proposition d’AB InBev. "Le plan de développement est ambitieux. L’objectif est de passer de 1. 500 à 20. 000 hectolitres en cinq ans. Selon moi, il est nécessaire d’élargir le bio à une clientèle plus importante. D’autres projets sont également dans les cartons, comme l’ouverture de bars bios à Bruxelles."