De nombreux hôpitaux de Wallonie et de Bruxelles ont décidé de planter le piquet de grève ce jeudi. Cela a notamment été le cas entre midi et 14h à la clinique Saint-Pierre d'Ottignies ou encore au centre hospitalier neurologique William Lennox, au Chirec de Braine-l’Alleud et à l’hôpital de Tubize."C’est grave d’en arriver à ce point-là. Le personnel est épuisé et veut que les promesses deviennent concrètes et soient mises en œuvre", explique Evelyne Magerat, la secrétaire permanente CSC.

Evelyne Magerat pointe les trois grandes revendications de ces rassemblements : les conditions de travail du personnel, le refus de certains hôpitaux de reconnaitre la vaccination dans le temps de travail de ses employés et le manque d’attractivité du métier d’infirmier. "Il manque 5000 infirmiers.ères et aucun employeur ne se bouge." Elle rappelle également que le Fonds blouses blanches qui a débloqué 400.000 millions d’euros pour pouvoir employer plus de personnel ne sont toujours pas arrivés.

À Ottignies, le personnel soignant a bien adhéré au mouvement syndical avec une trentaine de soignants mobilisés sur l’heure du midi. Dès 6 heures et jusqu’à 14 heures, ils ont sensibilisé les passants à la pénibilité de leur travail, via des tracts mais aussi au travers d’actions symboliques. Ils se sont couchés au rond-point à l’entrée de la clinique et sur le route, bloquant ainsi le trafic durant quelques minutes. "L’idée était de montrer qu’on est au bout du bout, c’est un appel à l’aide, explique Sophie Voortmans, ergothérapeute et déléguée syndicale CSC. Il y a des collègues qui travaillent jusqu’à 65 ans, et qui sont éreintées. Il y a beaucoup d’absences, beaucoup de burn-out et il y en a aussi qui changent de secteur."

© Geerts

Le personnel d’Ottignies demande une meilleure reconnaissance et une revalorisation de leur travail afin d’attirer des jeunes. "Au niveau du recrutement, ça devient très difficile, poursuit la représentante du personnel. On a dû fermer le service de gastro-entérologie en entier pour permettre à ce personnel de voler au secours des autres unités. Il manquait déjà avant 40 équivalent-temps plein. Avec le fonds des blouses blanches, la clinique a le budget mais ne parvient pas à engager parce qu’il n’y a pas assez de jeunes qui sortent des études. Suite à la crise du Covid, à l’allongement des études, au peu de reconnaissance dans ce domaine, il y a peu de jeunes qui veulent se lancer."

A 15h30, une petite délégation déposera un bulletin à chaque fédération patronale à Bruxelles (Santhéa, Unessa et GIBBIS) pour déplorer l'attitude des employeurs. « Ça doit bouger ! Les gens l’ont crié aujourd’hui, la mobilisation a été énorme », explique Evelyne Magerat.