Luc Delfosse conjugue son amour de la langue française dans son nouveau livre.

Le grand public connaissait Luc Delfosse en tant que journaliste pour un quotidien vespéral. Une plume acérée et/ou fleurie que ce citoyen de Longueville (Chaumont-Gistoux) trempe désormais dans l’encre de la fiction, comme en témoignent le recueil de nouvelles Et ta mère ! paru en 2012 ainsi que le roman Impasse du 30 février, sorti récemment chez Onlit éditions.

"La trame de départ est née de la conjonction de deux grandes idées, explique Luc Delfosse. Il y a eu tout d’abord la relecture de Regain , de cet écrivain extraordinaire - pour moi qui suis sensible à l’usage de la langue française - qu’était Jean Giono. Avec ce prénom, Arsule, qui me frappe… Plus tard, autre élément déclencheur, je me suis dit que je devrais écrire un récit sur la manière dont ces gens qui ont grandi dans ce qu’on appelait la colonie sont, ou non, retombés sur leurs pattes en Belgique."

Ce qui ne devait être qu’une nouvelle a rapidement pris une ampleur certaine pour devenir un roman de quelque 200 pages. Un résultat qui se laisse vivre à la manière d’un film du tandem Kervern-Delepine. Des personnages truculents, colorés. Une intrigue qui avance sur un faux-rythme. Le tout avec un fil rouge bien précis…

"J’ai voulu raconter l’histoire d’une femme d’une cinquantaine d’années qui pète un câble, largue son mari, s’en va et fait exactement ce qu’elle décide de faire", précise Luc Delfosse, qui ne cache pas la légère influence de son expérience personnelle sur les aventures de Marie-Arsule, l’héroïne, lui qui a exercé douze métiers tels que camionneur, brocanteur…

Mais point de reliquat de sa carrière de journaliste. "Je n’en éprouvais pas l’envie, constate-t-il avant de marquer la césure entre le monde d’une rédaction et celui du romancier. Le vrai bonheur, c’est de pouvoir donner libre cours à son imagination. Si le journaliste s’en tient aux faits, l’auteur, lui, peut se laisser aller. Et ça, c’est une jouissance totale !"