LOUVAIN-LA-NEUVE

Cali, Jane Birkin et Pep’s seront les têtes d’affiche des Voies de la liberté

FESTIVAL Chaque jour à travers le monde, des dizaines de personnes sont incarcérées pour le simple fait d’avoir osé exprimer une opinion qui diverge avec celle de l’état dans lequel ils vivent. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, en est le symbole par excellence, elle qui vit assignée à résidence depuis 2003 par la junte birmane.

Pour dénoncer ces exactions, un festival d’un jour réunissant notamment Renaud, Calogero et Hugues Auffray avait vu le jour en 2006 à Louvain-la-Neuve. Avec un succès tel que ses responsables ont décidé de le pérenniser à raison d’une semaine de sensibilisation tous les deux ans. Avec une devise, reprise à Aung San Suu Kyi : “Utilisez votre liberté pour obtenir la nôtre”.

Le festival des Voies de la Liberté reviendra donc du 8 au 15 février prochain. “La libération d’Ingrid Betancourt (NDLR : les deux premières éditions du festival réclamaient sa libération, survenue en juillet 2008) ne doit pas freiner cet élan” , explique André-Louis Dubois, l’un des organisateurs du festival et représentant des comités Libertad (ex-comités Betancourt). “Ingrid est libre, mais il ne faut pas pour autant en oublier les autres. Dix pourcent de la population colombienne a dû fuir la guerre dans l’indifférence totale des pays occidentaux. Et des milliers d’autres personnes croupissent encore dans de sombres cellules sans avoir pourtant commis le moindre crime. Le combat pour la liberté doit continuer.”

L’objectif du festival est donc toujours le même : informer, conscientiser, médiatiser, mobiliser la population au respect des droits humains. Quelques hôtes de marque ont donc repris le flambeau de Renaud et Calogero : Cali, Jane Birkin, Pep’s et bien d’autres encore ont déjà confirmé leur présence.

Cette année, le festival sera axé sur la problématique des 300.000 enfants soldats à travers le monde. “Ce phénomène continue d’exister malgré les chartes signées et l’opprobre qui est jeté sur les militaires qui les emploient” , explique Philippe Hensman, le directeur d’Amnesty international. “Des enfants sont chaque jour emmenés loin de chez eux pour porter des armes, tuer, violer des cadavres et pratiquer le cannibalisme sur leurs congénères... Bien sûr, nous n’aborderons pas ce thème d’une telle manière avec les jeunes mais nous allons tenter qu’ils se mettent un instant dans la peau des enfants soldats pour les sensibiliser à la problématique.”

Au programme du festival qui fait désormais d’Ottignies-LLN “un pôle des droits humains”  : concerts, actions et sensibilisations dans les écoles primaires et secondaires d’Ottignies-LLN et dans les rues néolouvanistes, expositions, réalisation d’une fresque, ou encore la seule représentation de la pièce de théâtre Non rééducable , qui rend hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée alors qu’elle allait publier une nouvelle enquête sur la torture en Tchétchénie.

“Le festival est aujourd’hui devenu un incontournable pour tous ceux qui veulent crier que tous les hommes ont besoin de liberté et du respect de leurs droits fondamentaux” , conclut Thierry Couvreur, l’une des chevilles ouvrières des Voies de la liberté.

En savoir plus

Infos : 0477/89.78.75

Programme : www.lesvoiesdelaliberte.be.



© La Dernière Heure 2009