Jean-Marie Van Butsele a dû déclarer forfait alors qu’il comptait rejoindre Rome à pied.

Jean-Marie était à la gare de Turin lorsqu’on l’a joint au téléphone ce lundi matin. Il attendait son train non pas pour descendre vers le sud de l’Italie comme prévu mais pour rejoindre Aoste, à 100 km au nord. Alors qu’il devait poursuivre sa marche parrainée de 1 600 km jusqu’à Rome, le Limalois est contraint de rebrousser chemin suite à la mise en quarantaine de la Lombardie et de plusieurs autres provinces du nord de l’Italie pour tenter d’endiguer l’épidémie de coronavirus.

Et, lorsqu’on lui a demandé son sentiment à l’heure de partir, Jean-Marie a répondu le cœur gros : " Mon dieu… Je suis anéanti par cette décision. Décision qui est sage, il fallait la prendre. Mais c’est un gros échec. "

Le marcheur au grand cœur n’avait d’autre choix que de ranger ses bâtons de marche : il s’est vu interdire l’entrée à Asti, province un peu plus au sud de Turin, elle aussi placée en quarantaine. Il a vu par ailleurs ses réservations d’hôtels annulées au fur et à mesure de son voyage. Et, dans son dernier hôtel, totalement vide, on lui a même servi son repas… dans sa chambre, pour éviter toute contamination dans le restaurant. Des amis belges devaient le rejoindre sur son parcours mais leur vol a été annulé à la dernière minute.

" C’est curieux comme ambiance, poursuit le Wavrien. Les gens sont méfiants. Je suis à la gare de Turin, tout le monde a son masque et son gel désinfectant. Il n’y a personne sur les grands axes, j’aurais pu me balader à pied sur une autoroute normalement très fréquentée. J’ai beau avoir 70 ans, je n’ai jamais vu ça ! "

Pour la première fois depuis 1997, Jean-Marie doit déclarer forfait pour l’une de ses marches caritatives annuelles. Il regrette la tournure prise par les événements, alors qu’il avait l’énergie pour aller jusqu’au bout de ce nouveau challenge. " C’est très dur, je me sentais super bien physiquement. J’aurais pu mener à bien ce projet. Je recommencerai l’année prochaine. "

Si l’aventure s’arrête brutalement pour le marcheur, le compte pour les dons reste par contre ouvert jusqu’au 25 mars, date à laquelle il aurait dû arriver sur la place Saint-Pierre à Rome. Le compteur affiche actuellement 15 000 euros. C’est loin des 30 000 espérés mais Jean-Marie se dit déjà content de ce beau montant qui sera distribué au fonds Lennox, au centre William Lennox et à l’ASBL Mes mains pour toi.

Pour le soutenir

BE10 0000 0000 0404 avec la communication structurée 019/0600/00145.