Que va devenir le “Cabaret du Dernier Carré” ? La Province lance un troisième appel à intérêt pour ce bâtiment situé le long de la N5. Propriétaire des lieux, la Province du Brabant wallon en vante la localisation au cœur du champ de bataille de Waterloo, voisin de la colonne Victor Hugo et du monument de l’Aigle blessé.

Si en effet, le bâtiment est situé dans une zone historique, son histoire est moins glorieuse : la propriété provinciale est un ancien bordel. C’est d’ailleurs pour éviter qu’une nouvelle maison close – ou toute autre activité qui ne serait pas en phase avec la bataille de Waterloo – ne s’y installe à nouveau que la Province a fait l’acquisition de ce bien en 2010.

Aujourd’hui, la Province lance donc un troisième appel pour ce site. Pour être recevables, les propositions des candidats investisseurs devront s’intégrer dans la stratégie de développement à long terme du champ de bataille de Waterloo et éviter une quelconque redondance avec les fonctions touristiques déjà proposées sur le site. Les personnes ou structures intéressées ont jusqu’au 12 novembre pour faire connaître leur vision du site.

Le conseiller provincial Olivier Vanham (CDH, opposition) doute fort que l’appel à intérêt ait plus de succès que les deux précédents. Il s’étonne aussi que le bâtiment, acheté il y a 11 ans, soit désormais juste bon à être démoli. “La Province a déboursé 550 000 € pour acquérir ce bâtiment. À l’époque de cet achat, nous n’étions pas informés d’un état de délabrement. Le plus gros problème du bâtiment, c’était sa performance énergétique. Aujourd’hui, on nous dit que le bâtiment est “fortement dégradé” et que “sa démolition est inévitable”. Donc, je dois tirer la conclusion que la Province n’a pas entretenu son bien. Qu’elle a dépensé 550 000 € sans vision.”

Le président du collège provincial, Tanguy Stuckens (MR), n’a pas laissé dire le conseiller CDH : “À la Province, on a des châteaux, on a des biens d’exception, des grands biens. Et ici, on a une ancienne maison de charme. Ou un bordel, si vous préférez… Je ne crois pas qu’on puisse parler de patrimoine provincial. Quand la Province a racheté ce bien, son seul objectif était de préserver le champ de bataille et d’éviter que “l’aventure” se poursuive. Cela nous a permis de préserver deux monuments majeurs du champ de bataille qui se trouvent sur ce site : la colonne Victor Hugo et le monument de l’Aigle blessé.