Depuis de nombreuses années, l’Intercommunale sociale du Brabant wallon (ISBW) est un acteur essentiel de la vie sociale de la Jeune Province. Pour 400 000 Brabançons wallons, elle offre des services de premier ordre tant pour l’accueil de la petite enfance et les activités extrascolaires que pour les services d’aide aux personnes handicapées ou âgées.

Mais depuis quelques années, l’aspect financier pose question, comme l’explique André Antoine (CDH). "Depuis 2005, seulement trois années se sont soldées de manière positive tandis que 12 autres exercices ont présenté des exercices clôturés en déficit. Plus récemment, la situation financière ne s’est guère améliorée. Que du contraire. En 2017, sans une intervention exceptionnelle de la Province, le résultat affichait une perte de 81 117,85 €. En 2018, le montant du déficit atteignait 94 855,81 € pour afficher un nouveau solde négatif en 2019 de 192 941,77 €. Et l’avenir est encore plus sombre car le plan pluriannuel financier révèle des déficits en hausse constante et inquiétants, jusqu’à 472 057,24 € en 2023."

Comment est-on arrivé à cette situation ? Mauvaise gestion ? "Non, pas du tout", précise André Antoine. Le souci, c’est l’évolution supérieure des charges par rapport aux recettes. "Pour le dernier exercice, les charges progressent de 3,65 % alors que les recettes financières n’augmentent que de 2,7 %. De plus, les conséquences de la pandémie risquent d’aggraver les perspectives financières déjà particulièrement sombres."

L’Humaniste pointe également l’intervention (en baisse) des pouvoirs locaux, le faible niveau des subventions régionales et communautaires ainsi que les coûts de fonctionnement du siège social à Chastre. "Si l’on veut maintenir la qualité des services sociaux et leur couverture sur l’ensemble du Brabant wallon et donc de pérenniser l’existence de l’Intercommunale, les gouvernements wallon et francophone doivent revoir leur niveau de subsidiation en faveur de l’aide sociale. À défaut, c’est l’usager qui trinquera en voyant ses factures augmenter, ou pire encore, le personnel entraîné injustement dans des plans sociaux totalement à contre-courant des besoins constatés parmi la population déjà en panne de services à domicile ou de garde d’enfants."

J.Br.