La construction d’une piscine à Wavre fait partie des promesses électorales de la Liste du Bourgmestre à chaque campagne depuis 2012. Ces dernières années, la majorité avait avancé sur le dossier : elle avait présenté les plans en 2018, visité d’autres infrastructures pour s’en inspirer et a même acheté un terrain à 850.000 euros près de La Sucrerie il y a deux ans. Mais aujourd’hui, le projet semble être au point mort.

En coulisses, on affirme même qu’il serait abandonné. Car le projet de quatorze millions d’euros, qui figurait encore dans le plan d’investissement 2021-2025 de la Régie communale autonome (RCA) des Sports, a été tout simplement rayé du plan 2022-2026. Lors d’un conseil d’administration de la RCA, la bourgmestre Françoise Pigeolet et l’échevine des Finances Anne Masson auraient affirmé que les capacités financières de la ville, mises à mal par la crise sanitaire et les inondations de l’été dernier, ne lui permettaient pas d’investir dans un tel projet. La majorité a-t-elle donc décidé de faire une croix sur cette promesse électorale ?

Du côté du cdH et d’Ecolo, siégeant dans l’opposition, on fustige cette décision de la majorité. "On investit des millions dans des projets comme le stade de hockey et un nouveau stade de foot (la ville injecte 3 millions d’euros dans un stade de foot qui doit remplacer Justin Peeters, NdlR) qui vont prendre l’eau, alors qu’on n’a pas d’infrastructure pour apprendre à nos jeunes à nager. Je ne comprends pas la logique, fulmine Christophe Lejeune, administrateur de la RCA et conseiller communal Ecolo. C’est notre responsabilité d’avoir un outil performant pour nos jeunes. Ils sont obligés d’aller à Rixensart ou à Louvain-la-Neuve, où les installations sont vieillissantes. Cela devient un vrai casse-tête pour les écoles et les clubs sportifs. On n’assume pas nos missions. Le souci, c’est que la ville est exsangue à cause des pertes abyssales liées à la construction de la Sucrerie."

"Un réel besoin pour nos 10.000 élèves"

Son collègue du cdH abonde dans le même sens. "On construit ce stade de hockey pour les grandes compétitions internationales, qui n’auront lieu qu’une fois tous les ans ou tous les deux ans, et pour les matchs de championnat, pour lesquels les terrains actuels suffisent. La priorité doit être mise sur une installation qui répond à un réel besoin de formation des jeunes, qui sont 10.000 à étudier à Wavre. Est-ce qu’on pose les bons choix d’investissement ?, s’interroge Benoît Thoreau, observateur à la RCA, qui s’inquiète du surcoût des nouvelles infrastructures de hockey et de football.

Contactée, la bourgmestre parle d’effets d’annonce infondés et renvoie à la présentation du budget 2022 de la ville qui aura lieu la semaine prochaine. L’échevin des Sports Luc Gillard rappelle, lui, qu’un plan d’entreprise peut être adapté chaque année.