L’ouverture était visiblement très attendue à Wavre. Un an après la fermeture de la boucherie La Villette, au début de la rue Haute, l’ouverture de La Villette de Paul a attiré de nombreux clients. Et ce même si elle a été avancée d’un jour. C’est que l’ancienne boucherie, présente durant 30 ans à Wavre, était une véritable institution.

C’est un Limalois, Paul de son prénom, qui a racheté le bâtiment l’an dernier. Entrepreneur en bâtiment, il souhaitait donner une deuxième vie à cet immeuble à l’abandon et revenir à ses premiers amours puisqu’avant d’être couvreur, il était… traiteur. “C’est un peu un retour aux sources puisque la boucherie et la restauration sont liées, explique Paul. C’est un petit rêve qui se concrétise, jamais j’aurais cru que je rachèterais La Villette.

Mais Paul n’est pas seul dans cette aventure : Sabrina et Anaïs, sa femme et sa fille, ont décidé de le suivre, et ainsi de se réorienter professionnellement. La première était auxiliaire de soins, la seconde coiffeuse. Elles seront désormais derrière le comptoir pour servir les clients.

Le maître-mot de cette nouvelle boucherie sera sans aucun doute le “fait maison”. Des salades aux têtes de veau, en passant par les boudins et les cervelas, tout sera travaillé par le chef boucher Joël, et son second, le jeune Yann. “Lorsque Paul est venu me trouver, ça m’a tout de suite emballé, confie Joël, qui totalise 40 ans de métier en boucherie. C’est dans des commerces comme ceux-ci que le métier de boucher a du sens.” “On voulait relancer une boucherie artisanale avec de la viande locale. On fait entre 85 et 90 % de l’offre nous-mêmes, surenchérit Paul. C’était triste qu’il n’y ait plus de boucherie alors qu’il y a une demande. J’étais client ici et on se souvient des files monstrueuses, on espère le même engouement.”

Alors que certains s’inquiètent du nombre de cellules vides dans le centre-ville de Wavre, Paul fait ainsi le pari d’investir dans ce commerce dans lequel il croit beaucoup. “Je prends un sacré pari mais on reste dans l’alimentaire. Il y avait une réelle demande pour une bonne boucherie bien belge. Il y a une certaine clientèle qui est là, plus âgée et qui n’a pas forcément de véhicule”, conclut Paul.