Après les coulées de boue dévastatrices d’il y a deux semaines, les Aclots ont entendu l’orage gronder en continu, dans la nuit de jeudi à vendredi, avec une appréhension certaine. Heureusement, les pluies ont été moins importantes, même s’il y a eu quelques épisodes intenses vers 3 heures du matin. Une visite sur place, dans les premières heures de la matinée, a permis aux responsables de constater que les mesures prises en urgence ont bien fonctionné.

Il s’agit surtout des barrages de ballots de paille, que les agriculteurs contactés par les services communaux ont accepté de mettre en place dans les endroits les plus critiques. L’eau est passée, mais la terre a été retenue, et c’était manifeste du côté de l’allée du Jacquemart, par exemple.

Petit bémol : alors que la Ville a pris contact avec l’ensemble des propriétaires ou des exploitants des parcelles où la situation est jugée critique, il reste quelques récalcitrants. Ce qui a forcé le bourgmestre Pierre Huart, vendredi matin, à signer un arrêté pour sommer deux agriculteurs d’agir au plus vite.

Un délai de dix jours leur est donné pour prendre des mesures contre les risques de coulées de boue. S’ils ne s’exécutent pas, c’est la Ville qui pourra le faire, en agissant sur leur terrain privé mais en leur envoyant la facture par la suite.

“C’est dommage d’en arriver là, soupire Pierre Huart. Nous soutenons l’agriculture, on n’est pas là pour les embêter. Mais il faut comprendre qu’il y a aussi des nouveaux quartiers, on veut qu’il y ait un équilibre dans l’intérêt commun.”

Visiblement, les deux agriculteurs qui n’entendent pas à ce stade prendre les mesures demandées par la Ville estiment qu’ils ne sont pas responsables de la situation. Leurs terrains se situent du côté de Baulers. L’arrêté du bourgmestre leur a été présenté mais l’un d’eux a refusé d’en prendre connaissance. Le maïeur aclot va donc faire appel à un huissier pour l’apporter.

Pierre Huart rappelle au passage qu’en 2012, dans une situation semblable et alors que l’agriculteur avait saisi le Conseil d’État pour contester la mesure imposée par la Ville, il avait été débouté au terme de cette procédure.