La décision est enfin tombée : le collège communal de Beauvechain recale le dossier dit “Boiron”, c’est-à-dire le projet de transfert des bureaux de la société Boiron, leader de l’homéopathie, d’Evere vers le centre de Beauvechain. Un projet qui vise la construction de bâtiments comportant une pharmacie avec des locaux préparatoires, des bureaux administratifs et un dépôt de stockage. Pour cette troisième mouture, la société avait revu son projet à la baisse en diminuant la surface bâtie de 2 330 m² à 885 m².

Dans un courrier adressé aux habitants, le collège communal explique que la reconnaissance du site visé, le long de la rue du Village, comme site de grand intérêt biologique (SGIB) est l’élément qui a motivé sa décision. Si toutes les instances consultées ont émis des avis favorables – la Province du Brabant wallon, la cellule GISER (risques d’inondation), de la zone de secours, de la SWDE et la Commission consultative communale d’Aménagement du territoire et de la Mobilité – ce n’est pas le cas de la fonctionnaire déléguée. Celle-ci estime en effet que les SGIB sont indispensables à l’organisation de l’ossature du réseau écologique et que, dès lors, tout projet d’urbanisation est incompatible avec la destination et la vocation de ces SGIB.

Cet avis était indicatif de telle sorte que le collège était en droit de s’en écarter, précise le collège. En l’espèce, le collège ne saurait rejoindre l’appréciation de la fonctionnaire déléguée dès lors que celle-ci revient à interdire définitivement toute urbanisation dans le périmètre d’un SGIB, ce qui est contraire au Code du développement territorial et hautement préjudiciable pour les citoyens propriétaires de parcelles au sein de ces zones.”

Le 16 juin dernier – un mois et demi après la reconnaissance du site comme SGIB –, le collège a sollicité l’avis en urgence du Département Nature et Forêts (DNF) afin de connaître l’impact du projet, tenant compte tant de l’étude spécifique réalisée par le bureau spécialisé que de la reconnaissance récente de la zone en SGIB et de ses constats et prescriptions pour la zone considérée. N’ayant pas pu obtenir de réponse du DNF dans les temps, le collège a préféré recaler le projet. “Il a ainsi appliqué le principe de précaution afin d’éviter tout risque d’atteinte à la biodiversité et a estimé préférable de refuser la demande de permis d’urbanisme.”

Les opposants pas rassurés du tout

Du côté du collectif Beauvechain Zone villageoise, fermement opposé au projet, on est loin d’être soulagé par ce refus. “La commune ne s’appuie que sur le SGIB pour justifier son refus et fait l’impasse sur tous nos arguments, analyse Sophie Dallemagne, membre de BZV. Boiron va introduire un recours et le ministre Borsus va répondre que les arguments du collège ne sont pas suffisants. Le collège communal a laissé la porte ouverte à une voie de recours pour ne pas être ceux qui vont octroyer le permis.” Le collectif n’exclut pas d’aller jusqu’au Conseil d’État dans ce dossier.