Après s’être mis en retrait du monde politique pendant six ans, Axel François, ancien bourgmestre d’Ittre, fait son retour à l’occasion des élections communales

Visiblement, le politique, c’est un peu comme la potion magique de Panoramix : une fois qu’on y a goûté (ou qu’on est tombé dedans), c’est difficile de s’en passer. Si Axel François avait décidé de se mettre en retrait après les élections de 2012, son sevrage n’aura duré que six petites années. Il faut dire que quand on a été conseiller communal pendant 24 ans, échevin pendant six ans et bourgmestre pendant six ans, on ne peut qu’avoir la politique dans le sang.

De retour à ses premiers amours, Axel François se présente cette année sur la liste Intérêts citoyens, en compagnie de deux autres bourgmestres ittrois : Daniel Vankerkove (ancien) et Ferdinand Jolly (actuel). Rencontre avec celui qui fait son retour sur le devant de la scène plus ambitieux que jamais.

Pourquoi avoir quitté si brutalement le monde politique au soir des élections de 2012 ?

"En fait, j’avais un sentiment mitigé. D’un côté, nous avions gagné les élections car nous passions de quatre à sept élus mais de l’autre, j’avais été battu sur ma liste par un colistier (Christian Fayt). Et je l’avais annoncé : si je n’étais plus bourgmestre, je ne continuais pas. De plus, j’ai eu quelques problèmes de santé et j’ai cumulé pendant de nombreuses années le poste de directeur d’une école et celui de mandataire politique, ce qui prenait énormément de temps."

Ce n’était pas concevable pour vous de passer de bourgmestre à "simple" échevin ou conseiller ?

"J’ai eu l’erreur de croire que je ne devais pas faire de propagande pour être élu et j’ai donc été dépassé par l’échevin des Travaux, Christian Fayt. Et puis, vous savez, quand vous passez d’une voiture qui roule à 200 à l’heure à une autre qui ne fait que du 70, c’est difficile. Je n’aurais pas pu passer de commandant à matelot."

Ne pas être conforté en tant que bourgmestre, c’était une déception pour vous ?

"Je l’ai un petit peu pris pour une injustice car j’avais beaucoup travaillé pour la commune. Mais bon, c’est comme ça."

Vous avez profité de ces six années de repos, éloigné de la politique, pour vous ressourcer ?

"J’ai écrit un roman qui m’a pris deux ans et qui va d’ailleurs bientôt sortir. Ensuite, je me suis occupé de mon jardin et de mes petits-enfants. On a pris quelques vacances. Je pense que j’avais aussi besoin de cela."

Mais à présent, vous êtes de retour sur le devant de la scène. La politique, ça vous manquait ?

"Je pense qu’il y a tout de même une addiction à la politique. Je ne reviens pas du tout par rancœur ou parce que je m’ennuyais mais parce que j’ai l’impression que je n’ai pas eu l’occasion de terminer ce que j’avais commencé la dernière fois."

Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le bourgmestre sortant, Ferdinand Jolly, et non pas, par exemple, Christian Fayt, avec qui vous aviez fait campagne en 2012 ?

"J’ai une grande sympathie pour Ferdinand et sa vision pour la commune est très proche de la mienne. De plus, il m’a démontré qu’Intérêts citoyens était une liste pluraliste, avec une série de candidats qui n’ont pas de connotation politique. D’ailleurs, le programme que nous allons défendre est exactement celui que j’aurais défendu si je m’étais retrouvé sur une autre liste."

Et concernant Christian Fayt ?

"Je n’ai pas ressenti ce besoin de me retrouver avec lui sur sa liste. Mais attention, je n’ai absolument aucune rancœur vis-à-vis de lui et j’ai énormément d’estime pour toutes les personnes qui s’impliquent en politique."

La fois dernière, vous aviez annoncé que si vous n’étiez pas élu bourgmestre, vous quitteriez la politique, ce que vous avez fait. Qu’en sera-t-il cette année ?

"Franchement, je ne me pose même pas la question de savoir si je pourrais ou pas être bourgmestre car l’équipe qu’on a formée est homogène. Ce qui est certain, c’est que j’accepterai le rôle qui me sera donné. Contrairement aux dernières élections, je n’ai pas annoncé que si je ne suis pas élu bourgmestre, je quitte la politique. La dernière fois, j’avais fait cette promesse et je m’y suis tenu."