Nouveau rebondissement dans le dossier éolien de la plaine de Boneffe. Après le recours en extrême urgence, le septième recours introduit en février dernier par Natagora et Plaine de Vie contre le septième permis octroyé à Eneco a été balayé par le Conseil d’État. Cette décision devrait mettre un terme à une saga longue de treize ans.

Cela fait treize ans que le développeur éolien tente en effet de faire sortir de terre neuf éoliennes de 150 mètres de haut sur cette plaine au fort potentiel venteux, à cheval sur les communes d’Eghezée (province de Namur), Ramillies et Orp-Jauche (Brabant wallon). À chaque fois, les opposants ont attaqué le permis devant le Conseil d’État, qui a systématiquement cassé l'acte attaqué. Sauf que cette fois, la plus haute juridiction du pays n’a pas suspendu le dernier permis octroyé, malgré un avis négatif de l’auditeur. Elle a estimé que l’autorité compétente, le gouvernement wallon en l’occurrence, a toujours été constante dans ses décisions et que l’avis favorable conditionné du Département Nature et Forêt (DNF) est suffisamment motivé.

Il reste toutefois un recours en annulation toujours pendant au Conseil d’État, mais pour Natagora, ce revers signifie la fin de ce long combat pour la préservation de la biodiversité sur la plaine de Boneffe. "Même si le Conseil d’État doit encore se prononcer sur le recours en annulation, Eneco peut reprendre le chantier au 1er août, à l’issue de la période de reproduction, ce qu’il fera certainement, estime Joëlle Piraux, responsable aménagement du territoire pour Natagora. Le Conseil d’État ne se prononcera pas avant un an ou deux, d’ici là, les éoliennes seront déjà sorties de terre et il sera trop tard."

Malgré cet échec, Natagora plaide pour une planification du développement éolien à l’échelle de l’ensemble de la Wallonie, afin d’éviter de nouvelles sagas de ce type, et de préserver ces plaines venteuses, prisées tant par certaines espèces d’oiseaux que par les développeurs éoliens.

De son côté, la société Eneco confirme qu'elle prépare le redémarrage du chantier mais ne s'avance pas sur une date puisqu'il faut établir les contacts avec les communes et relancer le comité de suivi avec les riverains.