Le FC Lasne a tranché. Si, dans un premier temps, il aurait aimé en faire une fête du foot et du fair-play, il n’accueillera finalement pas ce dimanche le FC Limelette. C’est que le club lasnois estime que son adversaire n’a pas retenu les leçons de l’affaire Decoster. Pour rappel, en septembre dernier, le capitaine du FC Lasne était agressé par des supporters à l’issue du match, s’en sortant avec une triple fracture de la mâchoire.

D’abord exclu du championnat, le FC Limelette a, depuis jeudi dernier, retrouvé le chemin des terrains après avoir eu gain de cause en évocation. Si le club présidé par Luc Brockmans ne lésine pas sur les efforts pour redorer son image, le maintien de Saïd Albahtouri, pourtant lourdement sanctionné par l’Union belge, au poste d’entraîneur, sur le terrain en semaine et placé derrière les barrières lors des matches, ne peut que susciter des interrogations. Surtout que l’intéressé, face aux médias, a multiplié les déclarations maladroites dans la foulée de ces incidents. Limelette, pour sa défense, affirme que la sanction fut prise “à tort”. “À mes yeux, Saïd Albahtouri n’est pas coupable”, nous confia lundi Luc Brockmans. “Je le connais depuis des années. J’ai besoin de lui et j’ai totale confiance en lui."

Le FC Lasne, lui, a apprécié modérément ces propos. “Très honnêtement, nous sommes peu satisfaits de la manière dont les choses se sont déroulées et du résultat obtenu. Nous avons donc introduit un recours en évocation contre la décision du comité d’appel de ce 10 janvier”, indique Philippe Saussu pour le FC Lasne. “Mais c’est surtout au point de vue éthique et moral que nous sommes réellement amers et révoltés !”

Et d’ajouter : “Le club de Limelette qui, tout au long de la procédure, a minimisé voire dénié sa responsabilité dans les faits, semble n’avoir tiré aucune leçon de cet incident. Comment faire confiance à un club qui bafoue à ce point l’éthique et la morale ? Plus que jamais la sécurité interpelle et inquiète les membres du FC Lasne. Comment pourrait-il en être autrement alors que la direction du club n’a pris aucune sanction interne, a conservé le même noyau, le même encadrement pour son équipe première et déclare ne pas être en mesure d’identifier les agresseurs."

L'édito du jour de Thibaut Hugé:

"Le FC Limelette, ayant eu gain de cause en évocation, a réintégré le championnat de P3B depuis jeudi soir. Avec un certain succès, avec deux nuls arrachés, à Nivelles puis ce dimanche face à Ixelles. Le club, vaille que vaille, essaie de se reconstruire après l’ affaire Decoster , provoquée par des supporters qui ont eu raison de l’image du cercle du président Luc Brockmans. Multipliant les gestes de fair-play, les discours lissés tout en renforçant la sécurité à domicile, le FC Limelette fait tout pour regagner ses galons au sein du foot provincial. N’empêche, permettre à son ex- T1 , Saïd Albahtouri, toujours sur le coup d’une suspension de cinq ans, de continuer à diriger son équipe en semaine ainsi que le week-end, tranquillement placé derrière les barrières, apparaît comme choquant aux yeux de beaucoup. Surtout vu les discours, plutôt maladroits, de l’intéressé dans les médias à l’issue des incidents face à Lasne. “C’est son groupe” , se défend Luc Brockmans, qui assume le rôle de coach en zone neutre. “À mes yeux, il fut sanctionné à tort. Je le connais depuis des années. J’ai totale confiance en lui et j’ai besoin de son aide.” Chacun se fera son opinion."