Soulagement pour les riverains opposés au projet d’Engie visant à installer deux éoliennes de 150 mètres de haut à Rebecq, à proximité de l’A8/E429. Les ministres de l’aménagement du territoire, Willy Borsus (MR), et de l’environnement, Céline Tellier (Ecolo), viennent de rejeter le recours introduit l’été dernier par le producteur d’électricité qui contestait le refus de permis décidé par les fonctionnaires délégué et technique.

Dans leur décision, les ministres s’appuient sur l’avis des services régionaux en charge notamment du territoire et de l’énergie qui pointent plusieurs écarts aux recommandations du cadre de référence éolien. Le cadre favorise en effet les parcs se composant d’un minimum de 5 éoliennes ainsi que les extensions de parcs existants, afin de permettre une exploitation optimale du gisement éolien. Les services régionaux considèrent qu’avec seulement deux éoliennes, ce projet ne rencontre pas cet objectif, malgré "l’excellent potentiel venteux" du site. Une extension ne serait pas non plus envisageable, compte tenu des contraintes d’implantation locales. Ils estiment en outre que l’isolement de ces mâts participe au morcellement du paysage et "modifiera sensiblement les perceptions depuis les points de vue remarquables en introduisant des structures verticales dans un paysage qui n’en comporte aucune."

Enfin, le service public de Wallonie souligne que le projet s’implante à des distances inférieures à 600 mètres par rapport à 11 habitations, et surplombe 5 d’entre elles, alors que "cet effet de surplomb n’est pas souhaitable et constitue un impact important sur les lieux de vie". La proximité entre les éoliennes est également problématique : avec une distance de 453 mètres entre les mâts, le projet ne respecte pas les indications du cadre de référence en matière d’interdistance.

Les riverains soulagés

Après trois ans de procédure, c’est le soulagement pour les opposants au projet. "Je suis ravie que nos arguments aient été entendus par les ministres, réagit Caroline De Vos, habitante du chemin du Stocquois. Durant trois ans, on a mobilisé des ressources humaines, tant du côté des administrations que des particuliers, et des moyens financiers pour traiter ce dossier, alors qu’on a constaté dès le départ des écarts au cadre éolien. Ces dossiers ne devraient même pas être déposés. Avec ce refus, c’est une fameuse piqûre de rappel qu’adressent les ministres et j’espère que les promoteurs vont l’entendre."

Contacté, Engie dit prendre acte de la décision ministérielle et l’analyse en vue d’un éventuel recours au Conseil d’État.