WATERLOO

Quatre chocolatiers de la province seront à l’expo universelle de Shangaï

ARTISANAT Dans son atelier de Waterloo, embaumé par un délicieux parfum de cacao, Marc Ducobu s’affaire. Douille à la main, il décore de son savoir-faire des œufs, poules et autres lapins qui seront vendus à l’occasion des fêtes de Pâques.

Du chocolat blanc mêlé à une pointe de chocolat noir pour les yeux, du massepain pour les pattes… la réalisation de ces œuvres d’art en chocolat fait déjà frémir les papilles de plus d’un amateur. Ceux-ci peuvent d’ailleurs observer l’artisan en plein mouvement de création à travers les vitrines séparant son atelier de la surface de vente.

“Pâques est l’une de mes périodes préférées” , explique ce père de trois enfants. “C’est en effet à ce moment que l’on peut faire valoir sa créativité. Comme à la Saint-Valentin, où j’ai déjà eu à réaliser un dragon qui tenait un cœur en chocolat. À l’intérieur, il y avait une bague de fiançailles. Ces périodes sont toujours très difficiles car on travaille plus de 12 heures par jour, de 4 h à 16 h, mais on le prend comme une sorte de défi à relever.”

En mai prochain, c’est un autre défi qu’il tentera de relever. Accompagné de son épouse, cet artisan de 38 ans se rendra pendant une semaine à Shangaï. Comme une septantaine d’autres chocolatiers du Royau- me, il y fera découvrir le savoir-faire des chocolatiers belges lors de l’exposition universelle qui s’y tiendra de mai à octobre.

Avec, peut-être, des contrats à la clef. En 2008, la Belgique a en effet exporté 802 tonnes de chocolat pour plus de quatre millions d’euros, ce qui fait d’elle le principal importateur de chocolat après Singapour et l’Italie.

Pourtant, en Chine, la consommation moyenne est d’à peine 150 grammes par personne par an, contre 6 kg en Belgique. Autant dire que la Chine dispose d’un potentiel extraordinaire pour la Belgique.

“On livre déjà du chocolat pour l’enseigne Takashi Maya, une sorte d’Inno à la japonnaise” , confie Marc Ducobu. “Mais la Chine découvre le chocolat. C’est donc le prochain marché sur lequel on se doit d’être présent. Être là-bas est important. Ça l’est d’autant plus qu’il y aura de grands groupes belges qui réalisent plus de l’industriel que de l’artisanat. Or, si le chocolat belge est ce qu’il est aujourd’hui, c’est avant tout grâce aux artisans.”

Comme trois autres artisans chocolatiers du Brabant wallon (Lionel Focant de Limal, Régis Masson de L’Art de Praslin et Serge Alexandre de Nivelles), Marc Ducobu s’installera dans le Belgian Chocolate Corner, au sein du pavillon de 5.500 m2 destiné à accueillir les artisans belges. “Sur place, je réaliserai un dragon en chocolat pour faire honneur au pays hôte. Je crois que ça aura son petit effet.”



© La Dernière Heure 2010