Les nouvelles contaminations au coronavirus repartent à la hausse ces dernières semaines. À l’exception du Hainaut, toutes les provinces wallonnes connaissent une hausse des nouveaux cas, selon les derniers chiffres publiés jeudi par l’Institut de santé publique Sciensano. Le Brabant wallon est la province qui compte la plus forte hausse des contaminations, avec 605 nouveaux cas au cours de la semaine dernière, soit une hausse de 178 % par rapport à la période précédente. Le taux de positivité est de 1,4 %, soit un peu plus que la moyenne, contre 1,1 % pour la moyenne nationale. Le taux d’incidence (le nombre de personnes infectées pour 100 000 personnes) est de 70, contre 55 à l’échelle du pays.

Difficile d’expliquer cette subite montée des nouveaux cas. Il faut probablement y voir les effets des testings “vacances” réalisés ces dernières semaines. Le nombre de tests a quasiment doublé dans la province, passant de 12 000 à 20 000 tests la semaine dernière. Les départs en vacances pourraient être plus nombreux dans une province comme le Brabant wallon avec un niveau socio-économique plus élevé que la moyenne.

Pour l’épidémiologiste Yves Coppieters, ces testings “vacances” sont plutôt une bonne chose car ils permettent d’obtenir une meilleure cartographie de la situation. Il voit dans ces nouveaux cas un relâchement des gestes barrières. “Les contaminations se font surtout chez les 15-30 ans, qui reprennent une activité de plus en plus normale et se contaminent dans les événements sociaux, où il n’y a plus de gestes barrières. C’est moins évident qu’en Espagne et qu’en France mais ça existe chez nous aussi.”

Le professeur en santé publique à l’ULB relativise toutefois. “Une personne positive n’est pas forcément malade ni transmetteuse du virus. Beaucoup de gens ont fait le Covid il y a 3-4 semaines et ont encore des résidus du virus. On va le détecter avec le test PCR mais ils ne sont pas forcément contaminateurs.”

La montée du variant Delta, qui devient désormais majoritaire dans le pays, est un élément qui peut aussi expliquer cette hausse des contaminations. “Sa contamination est plus facile. Dans les situations où il y a moins d’encadrement, c’est propice à l’augmentation des cas. Est-ce que ça va se traduire dans les hospitalisations ? Il faudra voir dans 3-4 semaines. Il faut vraiment rester vigilant cet été.”

Du côté du cabinet du gouverneur, on se veut rassurant et on refuse de parler d’explosion des cas. On rappelle aussi que sur les 23 lits intensifs du Brabant wallon, aucun n’est occupé.