Le casse de la Griffe d’Or reste dans les esprits

NIVELLES Avec la recrudescence des vols à main armée, un sentiment d’insécurité fort logique commence à s’installer dans l’esprit des petits commerçants de la Jeune Province.

À Nivelles, ils ont ainsi toujours à l’esprit le braquage, en juin 2009, de la Griffe d’Or, une bijouterie du centre. Le commerçant et son épouse (lire ci-dessus) avaient été blessés par balle.

“Tenir une bijouterie a toujours été un métier à risques” , confie une bijoutière installée à quelques centaines de mètres de la Griffe d’Or et qui préfère garder l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité. “Les braquages ont toujours existé. On n’est jamais en sécurité. Résultat, on doit sécuriser les commerces au maximum et on craint toujours le pire. C’est nous qui sommes en prison, pas les voleurs.”

Plus loin, une boulangère estime aussi que les hold-up ont augmenté. La dame, qui relève sa caisse plusieurs fois par jour pour éviter les gros montants, avoue se sentir plus ou moins en sécurité. Elle pensait toutefois s’équiper d’une bombe lacrymo. “Pour me défendre, mais on m’a dit que c’était interdit.”

Pour elle, la croissance de ces faits de violence est due à “une justice laxiste. La police fait son boulot, mais les mineurs sont relâchés. Ils ne sont pas punis sévèrement... En matière de sécurité, on parle beaucoup de Bruxelles... Mais il n’y a pas que les gros centres qui sont concernés.”

Encore plus loin, une Nivelloise estime que les vols ont augmenté avec la crise économique. “Les gens ont besoin d’argent et ils en cherchent ! Il y a davantage d’événements mais ce n’est pas non plus la catastrophe.”

Dans son quartier plus excentré, cette pharmacienne ne se sent pas en sécurité. “J’ai peur de sortir le soir toute seule”, avoue celle qui a déjà subi deux braquages. “Un type a demandé une boîte de préservatif, puis m’a dit de lui donner la caisse. Je m’étais fait braquer un mois avant. Je lui ai reclaqué le tiroir sur les mains. Il est devenu fou furieux. Je n’avais pas vu le couteau…”

L’homme l’a saisie et l’a forcé à ramasser les billets tombés par terre. Dans la pièce, plus personne ne bougeait. Depuis, elle a pris des mesures et bénéficie du service télé-police.



© La Dernière Heure 2010