Brabant wallon L’AGL pousse un cri d’alarme quant à la précarité des jobs étudiants

C’est un fameux pavé dans la mare que vient de lancer l’Assemblée générale des habitants de Louvain (AGL). Ce groupement mandaté pour représenter et défendre les intérêts des étudiants s’attaque aux jobs estudiantins. Et plus particulièrement à la précarité des contrats.

"L’actualité récente a mis en lumière des conditions de travail déplorables pour les étudiants à Louvain-la-Neuve, déplore l’AGL. Certains étudiants sont contraints de travailler dans des conditions inacceptables ou étant trompés par leurs employeurs qui profitent trop souvent de leur inexpérience de jeunes travailleurs."

Selon une enquête diligentée par la Fédération des étudiants francophones auprès de 3.000 étudiantes en Fédération Wallonie-Bruxelles, 24,4 % des sondés ont expliqué avoir été lésés en raison du manque de protection dont ils peuvent bénéficier.

Un état de fait qui s’expliquerait, selon l’AGL, par l’état du marché de l’emploi à Louvain-la-Neuve. "En effet, il y a toujours plus d’étudiants souhaitant jober, alors que le nombre d’employeurs ne connaît pas la même hausse. Les employeurs ont donc le marché entre leurs mains et certains s’en servent à leur avantage."

Principal secteur visé : l’Horeca où les employeurs imposeraient des salaires bas, au noir et dans des conditions précaires. Laissant pour seul choix à l’étudiant d’accepter les clauses du contrat, ou de chercher un autre job.

Selon l’AGL, près d’un étudiant sur deux exercerait un job dans l’unique but de financer ses études. "Derrière ces données statistiques se cache une réalité bien concrète, celle de la précarité et de la précarisation croissante du public étudiant en FWB, déplore l’AGL. Cela s’observe notamment par la multiplication par 7,4 en 15 ans du nombre d’étudiantes devant recourir au revenu d’intégration sociale des CPAS, ou par la quantité croissante de demandes d’allocations d’études, alors que les octrois, eux, stagnent."

Avec des conséquences irrémédiables sur la qualité des études suivies. Un étudiant qui doit se consacrer à d’autres tâches, notamment en période de blocus et d’examens, diminuerait ses chances de réussite. "L’équilibre entre les horaires de travail et ceux des études est souvent au cœur des difficultés rencontrées par les étudiants, précise l’AGL. Or, les répercussions négatives peuvent être nombreuses. Outre les conséquences sur les études, citons l’augmentation de la distraction, le manque de sommeil, voire le burn out."

Aujourd’hui, l’Assemblée générale des étudiants de Louvain réclame "un sursaut des autorités politiques et académiques" pour, à défaut de mieux encadrer les jobs étudiants, revenir à des études plus accessibles, qui nécessiteraient moins de recours à ces jobs étudiants. "Rappelons que la Belgique s’est engagée, par le Pacte de New York, à tendre vers la gratuité de l’enseignement. Malheureusement, à certains égards, la réalité du quotidien semble prendre le chemin opposé. Derrière une large accessibilité formelle, l’enseignement supérieur ne fait que reproduire, à certains égards, les inégalités sociales. Or, notre premier métier est d’être étudiant. Les jobistes de Louvain-la-Neuve sont en galère. On en a marre d’être précaire !"