"Usées, fatiguées, parfois méprisées mais toujours mobilisées au service des enfants", "puéricultrices, héroïnes invisibles mais pas invincibles"… Les quelques pancartes portées par les puéricultrices ce jeudi midi sur la place de l’Hôtel de Ville de Wavre en disent long sur leur ras-le-bol. Les professionnels de la petite enfance demandent davantage de reconnaissance des instances politiques et d’être considérés comme prioritaires dans la stratégie de vaccination.

"On est essentielles, on est là depuis le début, on ne lâche pas, rappelle Delphine Ceyssens, du service des accueillantes de Wavre. On est toujours ouvertes, même si on ne parle pas de nous, on existe. On veut que celles qui veulent se faire vacciner aient droit au vaccin, au même titre que les enseignants. Les écoles ont fermé mais nous, on continue à travailler. Je n’ai pas de distance avec les enfants, ils me toussent et me bavent dessus, je les lave, les change, mais je n’ai pas droit au vaccin."

Conscientes de leur rôle essentiel et de l'aide qu'elles apportent aux parents, les travailleuses ne menacent pas de fermer. Mais elles veulent dénoncer les incohérences dans les mesures qui ont été prises lors du dernier comité de concertation. "Fermer les écoles mais pas les crèches, c’est une mesure incohérente, estime Christine Fontaine, directrice du prégardiennat Aux Gais Moineaux à Wavre. S'ils sont déjà scolarisés, des enfants de 2,5 à 3 ans ne peuvent pas aller à l'école, tandis que d'autres du même âge peuvent aller en crèche, au contact avec les puéricultrices, sans distanciation sociale et sans masque."

Les puéricultrices ont remis leurs lettres de revendications à la bourgmestre de Wavre et à l'échevine de la Petite Enfance, qui les remettront au cabinet de la ministre Linard. 

"J'apprécie que ce ne soit pas une démarche vindicative mais un appel au secours pour que nous puissions le relayer au niveau supérieur, a salué la bourgmestre Françoise Pigeolet. Leur secteur n'a jamais été cité dans le cadre des mesures gouvernementales et je comprends que ce mépris soit dur à porter."