Alors qu'il a été victime, agressé à plusieurs reprises, cet ancien arbitre en arrivait à avoir un sentiment de culpabilité!

En 31 ans d’arbitrage, Marc Nickell, 62 ans, en a vu des vertes et des pas mûres. "J’ai connu plusieurs situations délicates, dont quatre que je qualifie d’agressions… La dernière remonte à 2012. Mon sentiment après celle-ci ? J’avais juste une seule envie. Démissionner. Je devais me faire opérer, j’en ai profité pour arrêter."

Depuis lors, le football ne l’intéresse d’ailleurs plus de la même façon. Pourtant, Marc est plutôt du genre à ne pas trop se prendre la tête. C’est même avec un léger sentiment de culpabilité qu’il a connu sa seconde agression. "Je me suis dit que c’était un accident de parcours de ma vie d’arbitre. Oui, j’ai quelque part un sentiment de culpabilité en me disant que je n’aurais peut-être pas dû siffler ainsi même si j’ai toujours arbitré en mon âme et conscience, en veillant à être le plus juste possible, de bonne foi."

La première agression, elle remonte à 1985 à Limelette. "J’ai sifflé un penalty pour les locaux à la dernière minute et ils ont égalisé. À la fin du match, les joueurs m’ont bousculé et l’entraîneur m’a donné un violent coup de pied. Il a pris six mois. Mais il a toujours nié. Cela m’a d’ailleurs fait plus mal que la douleur du coup !"

L’autre fait marquant de la vie d’arbitrage de Marc a eu lieu voici une dizaine d’années. "Au Stade Fallon, un match de 3e provinciale, un joueur m’a craché au visage pour un carton jaune. Ce n’était qu’un crachat pour certains. Pour moi, c’est la pire agression dont j’ai été victime. Il a pris un an de suspension…"

Mais ce n’est hélas pas tout. Lors d’une rencontre non officielle de vétérans, Marc a été rossé dans le vestiaire à la mi-temps par un joueur n’acceptant pas son carton rouge. Il n’y a eu aucune suite, le match n’était pas déclaré…

Il y a eu aussi ce match de jeune au tournoi Canal + où un jeune Tubizien est tombé et est resté au sol. "Le jeu a continué et l’adversaire a marqué. Les supporters sont montés sur le terrain pour me frapper. Une heure après le match, j’étais toujours coincé dans mon vestiaire."

Quelle solution pour ne plus en arriver là ? "Dès qu’un joueur donne un coup de gueule, on diffuse les images. C’est un mauvais exemple. On montre trop souvent des contestations d’arbitre et puis le VAR… Il faut arrêter de remettre en doute la crédibilité de l’arbitre. Ils font leur job très honnêtement et ne méritent pas ces coups de gueule."