Le 19 juillet 2019, le SPW Mobilité et Infrastructures introduisait une demande de permis en vue de remplacer l’actuel rond-point de Corroy-le-Grand par un carrefour dit "à l’indonésienne", équipé de feux. Il faut dire que depuis de nombreuses années, cette jonction reste problématique et source de nombreux embouteillages quotidiens.

L’objectif de ce projet est clair : relier la E411 à la E19 en fluidifiant la circulation automobile. "Il s’agit bien d’un projet du XXe siècle, axé sur la voiture. On a ajouté quelques pistes cyclables et un petit parking de covoiturage a été prévu, mais il ne donne accès à aucun moyen de transport en commun", déplore Pierre Piret, à l’origine d’une pétition contre ce projet.

Selon ce dernier, cette transformation est en contradiction avec la politique en matière de mobilité annoncée par le nouveau gouvernement wallon et par le ministre Henry. Pour rappel, le permis a été délivré début 2020, avec quelques remarques. Le projet est donc lancé et la préparation du chantier a débuté avec l’abattage des arbres situés aux alentours et le déplacement d’une antenne GSM. "Au lendemain d’un été de tous les excès, qui a considérablement contribué à la prise de conscience de l’importance des enjeux climatiques, à l’heure où la Région bruxelloise entame enfin sa transition et procède au démontage des grands viaducs et autres aménagements urbains d’un autre âge, la Région wallonne va-t-elle oser persévérer dans la mise en œuvre de ce chantier qui est non seulement obsolète, mais aussi mégalomaniaque, contre-productif, inefficace et scandaleusement coûteux puisque l’on parle de 11 millions d’euros qui pourraient être bien mieux investis."

Concrètement, avec sa pétition, Pierre Piret demande aux pouvoirs compétents d’arrêter le chantier et de réexaminer le projet en tenant compte des nombreuses objections émises dans le cadre de l’enquête publique. "Il faut repenser le projet dans un cadre géographique plus vaste, ne pas se focaliser sur ce seul nœud routier, prendre en compte l’axe E19-E411 mais aussi l’axe Gembloux-Louvain-la-Neuve-Wavre qui s’est considérablement développé depuis 1994. Il faut aussi intégrer les outils actuels de la mobilité multimodale. Avec un tel budget, il serait par exemple possible de délocaliser les pistes cyclables en site propre sur les chemins de remembrement qui longent les axes en question et de récupérer cet espace pour aménager des bandes réservées aux bus. Dans l’état actuel des choses, ce rond-point sera si impressionnant qu’il aura valeur de symbole : un hymne à l’avenir radieux de l’automobile. "

C’est donc pour toutes ces raisons qu’il a rédigé une pétition et qu’il l’a déposée sur le site du Parlement wallon. "Je dois bien dire que je ne crois pas à une issue favorable mais si ça pouvait au moins nous éviter un prochain projet délirant de ce genre", ajoute Pierre Piret.

À noter que si la pétition obtient 1 000 signatures, il sera invité à venir présenter sa pétition au Parlement wallon. À suivre.

J.Br.