La cour d'assises de Bruxelles-Capitale, délocalisée en Brabant wallon, a entendu mardi les plaidoiries de la partie civile et de la défense, ainsi que les réquisitions de l'avocat général sur le volet "culpabilité" du dossier du meurtre du Décathlon d'Anderlecht.

Les parties civiles, qui n'auront plus la parole lorsqu'il s'agira de discuter de la peine, ont notamment mis en évidence le caractère froid de l'accusé qui a ôté la vie d'une jeune fille de 17 ans et demi et n'ose pas assumer ses actes en les détaillant devant la cour d'assises. La défense, elle, a précisé qu'elle ne contestait pas la culpabilité de l'accusé. Mineur d'âge au moment des faits, G. a violé puis tué Thaynara, une adolescente qu'il connaissait, dans la nuit du 5 au 6 juin 2016 sur le site du Décathlon d'Anderlecht. Il a indiqué qu'il avait bu, tout comme elle, et qu'il ne se souvenait plus s'il l'avait poussée ou si elle était tombée depuis un muret situé sur le parking supérieur du magasin. Il est en tout cas descendu près d'elle après la chute. Et alors qu'elle était inconsciente, il l'a déshabillée et l'a violée, avant de lui porter plusieurs coups violents et de l'étrangler.

Les avocats de la partie civile ont distribué aux jurés en début d'audience une photo de la victime, et ont expliqué qu'elle était arrivée en Belgique en 2003 pour rejoindre sa maman et accomplir ses rêves, avant que la vie lui soit arrachée "lâchement et crapuleusement" en juin 2016.

"Celui qui, pour quelques instants de satisfaction et de jouissance personnelle, a saccagé les rêves d'une jeune fille et détruit toute une famille, il n'en a rien à foutre. Lui, c'est me, myself and I. Son attitude, tout au long de l'enquête, ça m'exaspère !", a plaidé Me Sven Mary, qui défend la maman et la soeur de Thaynara.

Le conseil a ensuite rappelé les différentes versions données par l'accusé au fil de ses interrogatoires, sa capacité à s'adapter progressivement aux éléments objectifs découverts par la police, et les zones d'ombre qui planent encore sur le dossier. Notamment à propos de traces de médicaments retrouvées dans le sang de la victime, alors qu'elle ne prenait pas ce type de traitement.

Du côté de la défense, qui a pris la parole mardi après-midi, on a tenté d'atténuer les conclusions du rapport remis par les experts à propos de la personnalité de G. Et on considère que l'incapacité de l'accusé à prendre la parole pour s'expliquer n'est pas de la froideur ou un manque d'empathie, mais de la honte et le résultat d'une éducation qui ne lui a pas permis d'apprendre à gérer ses émotions.

De même, les avocats de l'accusé considèrent que les différentes versions qu'il a livrées sont à mettre en rapport avec cette difficulté à verbaliser: selon eux, les éléments que G. a avancé lorsqu'il était interrogé constituaient des sortes de balise pour permettre aux enquêteurs de l'emmener chaque fois un peu plus loin.

Ni la partie civile, ni l'avocat général n'ont souhaité répliquer à cette plaidoirie. Mercredi, en tout début de matinée, la parole sera laissée à l'accusé, avant que les jurés entrent en délibération sur le volet "culpabilité" qui n'est en réalité pas contesté, ni pour le viol, ni pour le meurtre.