La cour d’assises du Brabant wallon a entendu vendredi les membres de la police et la juge d’instruction qui ont enquêté sur le décès de Dimitri Henry, qu’Émilie Nieuwland, une Jodoignoise de 45 ans, est accusée d’avoir tué par empoisonnement à l’atropine, en mars 2020. Les enquêteurs ont expliqué comment ils étaient remontés jusqu’à Émilie Nieuwland.

Lors de son interrogatoire par le président de la cour, jeudi, l’accusée avait avoué avoir obtenu des ordonnances d’atropine auprès de son psychiatre, et en avoir versé un flacon dans la bière d’une femme en février 2020, entraînant l’hospitalisation de cette première victime. En juin de la même année, elle avait cette fois transvasé le contenu de deux flacons dans le verre de Dimitri Henry, ce qui lui avait été fatal.

L’enquête a montré qu’Émilie Nieuwland avait bénéficié d’un virement de plus de 20 000 euros en provenance du compte bancaire de la victime. Les enquêteurs ont en outre découvert que de l’atropine avait été prescrite à l’accusée par son psychiatre, à la demande de celle-ci. Lors d’écoutes téléphoniques, les enquêteurs ont remarqué que la quadragénaire craignait d’être dénoncée par son psychiatre, à qui elle avait révélé avoir tenté d’empoisonner une femme avec ce produit.

Interrogé par les enquêteurs, le médecin avait déclaré n’avoir pas dénoncé les faits car sa patiente soutenait que la femme était finalement sortie de l’hôpital et en bonne santé. Il avait ajouté ne pas s’être imaginé que l’accusée recommencerait. Il lui a néanmoins à nouveau prescrit de l’atropine en juin 2020.

Le médecin légiste et un toxicologue ont confirmé vendredi soir devant la cour d’assises que c’était "plus que vraisemblablement" ce produit qui avait tué Dimitri Henry quelques heures après que l’accusée a obtenu deux flacons.