Au troisième jour d'audience de la cour d'assises de Bruxelles-Capitale délocalisée en Brabant wallon pour examiner le dossier du meurtre du Décathlon d'Anderlecht, deux psychiatres et un psychologue qui ont examiné l'accusé ont été entendus. Ils ont vu séparément G., un habitant de Court-Saint-Etienne mineur d'âge au moment des faits, en juin 2016. 

Ils ont tous trois souligné le détachement émotionnel de l'accusé, sa froideur affective et une absence d'empathie. Ils ont mis en évidence des troubles psychopathiques sans parler de pathologie, et n'ont pas exclu un risque de récidive. Les experts ont confirmé que l'accusé ne souffre pas d'un trouble mental susceptible d'altérer ou d'abolir sa capacité de contrôle de ses actes. Mais ils ont mis en évidence dans son chef des traits psychopathiques, et ont constaté son détachement émotionnel et sa froideur affective. Par contre, ils estiment qu'il a des capacités intellectuelles qui se situent dans la moyenne supérieure de la population.

Le manque d'empathie et l'absence de remords dont fait preuve l'accusé ont été relevés. Pour les experts, lorsqu'il a exprimé des regrets devant eux, son attitude non verbale montrait en réalité le contraire. Lors de l'entretien avec ces professionnels, G. a également refusé d'aborder le volet sexuel des faits. On sait qu'après la chute de la victime depuis un muret du parking supérieur du magasin Décathlon, il a déshabillé la victime et l'a violée alors qu'elle était inconsciente et gravement blessée. Mais il a toujours refusé d'évoquer ces gestes devant les psys.

"Il y a un défaut de capacité de réflexion sur lui-même; il ne s'interroge même pas à ce sujet. On a essayé de lui donner l'occasion d'en dire plus mais rien n'est sorti. Il se contente de dire qu'il ne comprend pas. Moi, je reste avec des questions. Notre travail est de prendre des distances. On essaie de comprendre pour expliquer mais il nous manque beaucoup d'éléments pour cela", a expliqué un des experts devant la cour d'assises.

Les conclusions du rapport évoquent un manque d'empathie, une impulsivité et des traits psychopathiques, et un suivi, même en milieu carcéral, semble dès lors indispensable aux experts. Le président leur a dès lors demandé s'il existait un risque de récidive. La réponse des professionnels a été positive. A propos des possibilités d'évolution favorable, ils ne l'excluent pas, d'autant que l'accusé était mineur d'âge au moment des faits. Mais ils ont précisé que compte tenu des traits psychopathiques constatés, le pronostic est réservé parce que ce type de personnalité n'apprend guère des expériences négatives...