Le président Michel De Grève a tenté de pousser l'accusé dans ses derniers retranchements, lors de l'interrogatoire du premier jour du procès du meurtre de Décathlon d'Anderlecht.

Dans le box, G., mineur d'âge au moment des faits en juin 2016, est poursuivi pour le viol et le meurtre de Thaynara, une jeune fille âgée de 17 ans et demi. En aveu durant l'enquête d'avoir poussé volontairement la victime du haut d'un mur de quatre mètres, il a affirmé devant la cour d'assises de Bruxelles, délocalisée à Nivelles, qu'il ne se souvenait plus si la victime avait chuté accidentellement ou s'il l'avait vraiment poussée. Et il a refusé de détailler les gestes du viol. Ce viol a eu lieu après que la jeune fille est tombée du mur. Elle était inconsciente au sol et le prévenu l'a déshabillée, avant de tenter d'abuser d'elle. Le président, jeudi après-midi, a demandé à plusieurs reprises à l'accusé de raconter ses gestes et ce qui s'était passé après la chute de la victime. Il a parlé de responsabilité à prendre, du droit de savoir de la famille de la victime présente dans la salle, mais l'accusé a refusé de parler et d'évoquer les derniers moments de la jeune fille.

"Ouais, je lui ai fait du mal, je n'ai pas envie de répéter ça. Pourquoi voulez-vous que je le fasse? Cela ne changera rien", a répondu l'accusé en tâchant de retenir ses larmes. Le président lui a fait remarquer que cela semblait moins difficile le soir des faits, tentant de provoquer une réaction. Désormais sur la défensive, G. a répliqué qu'il s'agissait de "curiosité mal placée".

Le magistrat a tenté à nouveau, en haussant le ton. Mais l'accusé est resté sur ses positions. Ne parvenant pas à ses fins, le président De Grève s'est résolu à lire en intégralité l'audition du prévenu détaillant le viol, les coups de poing et de pied donnés à la victime, puis son étranglement pour s'assurer qu'elle n'en sortirait pas. L'accusé a seulement confirmé que cela s'était bien passé comme ça.