LOUVAIN-LA-NEUVE

Ottignies-LLN est l’une des rares communes de Wallonie à accueillir les gens du voyage

ACCUEIL Depuis quelques jours, une soixantaine de gens du voyage ont parqué leurs caravanes et mobil-homes dans un verger de la rue de la Sapinière, à proximité du boulevard de Lauzelle, à Louvain-la-Neuve. Un terrain spécialement aménagé par les autorités communales pour l’accueil de gens du voyage.

Car la commune d’Ottignies-LLN est l’une des rares en Wallonie à accueillir volontiers les nombreux gens du voyage qui sillonnent les routes wallonnes à la recherche d’endroits où installer leurs caravanes. Il faut dire que ces voyageurs souffrent d’une réputation guère enviable (lire ci-après).

Résultat : le phénomène Nimby s’installe partout en Belgique. Les gens du voyage sont les bienvenus… sur le territoire des communes voisines.

À Louvain-la-Neuve, le verger de la Sapinière a été spécialement équipé et, depuis 2003, il accueille ces voyageurs chaque année, selon une convention élaborée en collaboration avec les représentants des gens du voyage. Eau courante, électricité, sanitaires,… ces voyageurs occasionnels ne manquent de rien.

“Mais contrairement à ce que l’on entend souvent, ils ne sont pas accueillis aux frais de la princesse “, confie Cécile Lecharlier, échevine de l’Intégration sociale. “Ils paient leurs charges, leurs consommations et leurs évacuations de déchets. En contrepartie, on les autorise à occuper le site à raison de quatre séjours par an avec un intervalle de 15 jours entre chaque occupation. En moyenne, chaque année, sur les trois sites (deux privés et un public) destinés à l’accueil de gens du voyage, 200 caravanes sont accueillies chaque année à Ottignies-LLN.”

Une gestion de l’accueil qui a notamment permis de diminuer les stationnements sauvages sur les parkings, terrains de rugby et autres prairies. Et, a posteriori, de limiter l’intervention des forces de l’ordre pour les en déloger. “En 2003, on recevait 5 demandes par an, maintenant, il y en a 40 par an” , confie Olivier Baufayt, en charge de l’accueil des gens du voyage au service des affaires sociales de la ville d’Ottignies-LLN. “On ne sait malheureusement pas répondre à toutes les demandes. Pour le moment, chacune commune agit selon ses capacités.”

Pour les représentants des gens du voyage, Ottignies-LLN fait donc office d’exemple à suivre. “Alors que, dans les autres pays, on tend vers l’amélioration de la qualité de vie des gens du voyage, en Belgique, il y a une aggravation” , peste Etienne Charpentier, alias Manuel, responsable du comité national des gens du voyage. “Le problème principal, c’est le stationnement. On ne veut de nous nulle part. On est alors obligé de squatter des terrains car on n’a pas le choix. Ça ne nous fait pas plaisir. D’autant qu’on est alors considérés comme des hors-la-loi.”

À l’heure actuelle, en Belgique, aucune loi n’oblige les communes à mettre un terrain à disposition des gens du voyage, comme c’est le cas en France, par exemple.



© La Dernière Heure 2010