Le 16 décembre dernier, la police d’Ottignies contrôlait les conducteurs à proximité du rond-point de la gare. Mohamed, qui roulait en Peugeot avec deux de ses cousins, est arrivé sur place et un agent lui a fait signe de se ranger.

Comme je n’avais commis aucune infraction, je ne pensais pas que c’était pour moi, a-t-il expliqué sur le banc du tribunal correctionnel. J’ai pris un autre chemin et quand j’ai vu qu’il y avait une moto qui me suivait, j’ai compris. Alors je me suis arrêté.”

Une version pas tout à fait conforme à celle reprise dans le procès-verbal. Les policiers expliquent de leur côté qu’après avoir refusé de s’arrêter dans le dispositif prévu pour le contrôle, Mohamed a continué et a pris la RN238 à vive allure, slalomant entre les véhicules par tenter de s’échapper. À 110 km/h dans une zone où on peut rouler à 70 km/h maximum, il aurait également tenté de balancer dans un accotement le motard qui tentait de le rattraper.

Il a effectivement fini par s’arrêter, entre Ottignies et Court-Saint-Etienne, mais parce qu’une voiture de police s’était placée en travers de la route et qu’il ne pouvait pas faire autrement… Il a ensuite été privé de liberté.

Interrogé, le prévenu a d’abord indiqué, comme à l’audience, qu’il n’avait pas vu les policiers et ne s’était pas rendu compte que c’était lui que les agents voulaient intercepter. Puis après interruption de son audition et discussion avec son avocat, il a admis qu’il avait eu peur de s’arrêter, parce qu’il se trouvait avec ses cousins et que ceux-ci se trouvaient en séjour illégal en Belgique.

Il recommence aujourd’hui à dire que ne s’est pas rendu compte qu’il était suivi, je me demande ce qu’il en est de la prise de conscience”, avait requis la substitut devant le tribunal.

Le jugement est tombé : Mohamed s’en tire pour cette fois avec une peine de travail de 100 heures, ou 10 mois d’emprisonnement en cas d’inexécution.