WATERLOO

Franky Simon campera le Maréchal Ney lors des reconstitutions de la bataille de 1815

RECONSTITUTION Passionné par la bataille de Waterloo depuis sa plus tendre enfance, Franky Simon troquera, pour la troisième année consécutive, son costume de bibliothécaire contre l’uniforme du Maréchal Ney, lors des reconstitutions de la bataille napoléonienne, qui se tiendront ce week-end (programme en page 8) et dont il est le scénographe attitré depuis une dizaine d’années.

“C’est assez grisant” , sourit ce Tubizien. “Dans le civil, je suis un citoyen comme un autre. Mais dès que j’enfile cet uniforme, je deviens un officier. Tous les soldats me doivent alors le respect et doivent obéir aux ordres que je donne. J’ai une suite personnelle, un secrétaire et un aide de camp, comme les officiers de l’époque.”

Âgé de 37 ans, il est tombé amoureux de l’empire napoléonien lorsqu’il était tout petit. “Ma grand-mère me lisait des récits de batailles. Le personnage de Napoléon ne m’intéresse pas. Mais bien les batailles, les mouvements de troupes, la recherche uniformologique… J’en suis fou. Je me suis alors documenté sur le sujet et, il y a douze ans, j’ai rencontré des membres du 8e de ligne. Lorsqu’ils s’exerçaient, ils étaient très méticuleux. Ils employaient les mêmes termes qu’à l’époque, portaient des uniformes faits dans les mêmes matières et de la même manière aussi.”

Ce fut le déclic : Franky Simon a sauté le pas et rejoint le 8e de ligne, en tant que simple soldat tout d’abord : “J’ai ensuite pris du galon en tant que sergent pour devenir maréchal il y a trois ans, même si ce n’était pas mon objectif au départ. Il paraît que, sur un cheval, j’ai la même prestance que le Maréchal Ney, même si je ne suis pas roux comme lui”.

Ce week-end, il dirigera des centaines de soldats avec pour objectif de vaincre une fois pour toutes les ennemis anglais. Avec la fin que l’on sait… “Quand on est dans la bataille, on la ressent comme de vrais soldats. L’odeur de la poudre, le vacarme des canons,… C’est très impressionnant. C’est une sorte de jeu de rôle géant à la différence que l’on recherche l’authenticité. Les uniformes sont d’époque, les armes aussi. Même la manière d’allumer sa pipe est identique.”

Et lorsqu’il entend dire que chaque année, c’est la même chose, il fulmine. “D’année en année, le spectacle s’améliore. Ce week-end, par exemple, 234 cavaliers, une cinquantaine de pièces d’artillerie et 3.000 reconstituants seront présents. Et gérer tout ça est un véritable challenge même si les reconstituants connaissent bien la bataille. Quand je dis en français de former une colonne, les reconstituants tchèques le comprennent tout de suite. Et si tout semble très bien réglé, il y a parfois des couacs qui doivent passer inaperçus aux yeux des spectateurs.”

Le Tubizien l’avoue : gérer tout cela n’est vraiment pas une sinécure. “Ça me prend énormément de jours de congés. La nuit du vendredi au samedi, je ne parviens d’ailleurs jamais à dormir. En effet, il y a une pointe d’excitation, et de stress également.”



© La Dernière Heure 2010