Fin mars, le Gouvernement wallon accordait le permis à Eneco Wind Belgium pour neuf éoliennes de 150m de haut sur la plaine de Boneffe, à cheval sur les communes d'Eghezée, de Ramillies et d'Orp-Jauche. La société annonçait fin juin la reprise des travaux début août.

Mais c'était sans compter un énième rebondissement dans cette saga qui dure depuis plus de douze ans. Après cinq recours introduits auprès du Conseil d’état, Natagora et le Comité Plaine de Vie annoncent en introduire un sixième.

"Si la configuration géographique de la plaine de Boneffe a été identifiée, depuis 2008 par les promoteurs éoliens, comme un territoire idéal pour l’implantation d’un parc éolien, plusieurs espèces d’oiseaux, dont certaines protégées au niveau européen, utilisent également cet espace unique, et ce, depuis bien plus longtemps encore, indiquent les deux associations dans un communiqué. La plaine de Boneffe est donc intéressante tant pour les développeurs éoliens que pour l’avifaune ou encore les citoyens attachés à ce paysage d’openfield."

Tout en rappelant qu'elles ne sont pas opposées à l'éolien, les associations estiment que "les luttes contre le réchauffement climatiques et contre l'érosion de la biodiversité doivent donc être menées conjointement".

Une zone de compensation écologique de 30 hectares a déjà été mise en oeuvre par Eneco mais cela ne suffira pas à compenser la perte de cette plaine agricole, estiment Natagora et Plaine de Vie. "Au-delà des questions paysagères, Natagora apporte une attention toute particulière au maintien de la capacité d’accueil des grandes plaines agricoles et aux espèces pour lesquelles il n’existe pas de mesures de compensation possible (...) Comme il n’est pas possible de recréer un paysage d’openfield ailleurs, l’impact sur ces espèces n’est donc en aucun cas compensable malgré ce que proposent le promoteur et la Wallonie."