Nicolas Deeker souhaite cultiver autrement en impliquant

les consommateurs

OTTIGNIESEn Brabant wallon, il est plus rentable de construire des maisons que de cultiver.” Âgé de 25 ans, une formation de maraîcher et d’agriculteur biologique dans la poche, Nicolas Deeker, habitant de Louvain-la-Neuve, travaille actuellement dans une exploitation bio mais souhaite se lancer dans sa propre exploitation biologique depuis quatre ans.

Un rêve qui devrait se réaliser au printemps 2011. “Je viens finalement de trouver un hectare à louer pour un an à Chaumont-Gistoux, afin de me lancer selon le principe de l’Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne)”, explique le jeune homme. Dans l’association, les consommateurs – qui s’engagent à acheter la récolte de l’année – sont associés au choix des produits et des quantités. L’un endosse le rôle de trésorier, une personne se charge de réaliser les paniers destinés aux clients.

De quoi permettre à l’agriculteur de se consacrer à la culture et à la récolte. “Car la vente directe, c’est bien, mais cela oblige le paysan à exercer trois métiers“, indique Nicolas. “L’Amap permet de transformer le métier d’agriculteur en paysan de familles, comme le médecin de famille. De quoi rapprocher les agriculteurs des consommateurs.”

Quant aux prix des produits, c’est un prix juste qui est fixé. “Les clients n’achètent pas des légumes, ils rétribuent aussi un travail. Mon objectif est de devenir propriétaire et de trouver des associés, mais ce n’est pas évident”, souligne Nicolas, qui dispose déjà d’une liste de clients – le groupement d’achat en commune de LLN soutient le projet – mais qui cherche encore des personnes intéressées :

legumesdicoeur@gmail.com.

Laurence Dumonceau


© La Dernière Heure 2010