Le secteur horeca est un des moteurs de l’activité dans le centre-ville de Nivelles et les mois de fermeture ont fait très mal. Au point qu’il y a quelques semaines, alors que les décisions du Comité de concertation (Codeco) n’étaient pas encore tombées, un certain nombre de cafetiers avaient annoncé que quoi qu’il arrive, ils allaient ouvrir leur établissement le 1er mai.

On sait depuis qu’ils pourront servir les clients à partir du 8 mai, mais uniquement en terrasse. Et que tant du côté des hommes politiques que des autorités chargées de faire respecter les règles, on a mis une pression maximale pour que l’interdiction soit respectée jusqu’à la date fixée, amendes salées et suppression du droit passerelle à la clé.

Avec de telles menaces, le secteur a dû un peu reculer. Mais pas question d’attendre docilement le 8 mai en laissant croire que tout va s’arranger une fois que les terrasses seront rouvertes. Tout le monde n’en a pas, le nombre de clients sera restreint, le chiffre d’affaires dépendra de la météo… Pour continuer à sensibiliser le public, il a donc été imaginé d’ouvrir certains cafés ce samedi dans le centre-ville, mais uniquement en take-away.

Ainsi, dès samedi matin, plusieurs établissements ont ouvert leur porte, mis une table en travers de l’entrée, et servi les clients qui faisaient la file sur le trottoir, pour qu’ils emportent leur boisson. Certains clients avaient poussé le bouchon un peu plus loin en emportant un fauteuil pliant pour l’installer un peu plus loin et consommer à l’aise, sans qu’on puisse parler de terrasse.

La police locale veillait cependant au respect des règles et est venue les rappeler aux frondeurs. Pas question, par exemple, de vendre de l’alcool puisqu’en boire dans l’espace public est interdit. Un nouveau passage a été programmé dans l’après-midi pour de nouvelles vérifications, sans qu’il y ait eu d’incidents.

« Les policiers ne sont pas dans un mode répressif, ils font leur travail et je leur ai répondu qu’il n’était pas question que je ferme: je ne plierai pas. J’offre des softs et du muguet à mes clients, je suis dans la bienveillance et la bonne humeur. Si on me met une amende, je le contesterai puisque les règles qu’on nous imposent sont illégales. »

Un peu plus loin, la Collégiale vendait aussi en take-away, créant un petit attroupement devant l’établissement. « La police a sa lecture de l’arrêté ministériel et nous, nous défendons la nôtre: le take-away est autorisé jusque 22 h », précisait sur place le patron, Philippe Bouffioux, après s’être entretenu avec la police.