Géographe de formation, enseignant et ancien directeur de l’Enfant-Jésus, René Larsimont est intrigué depuis des années par le tracé de la Thines. La rivière chère aux Aclots suit en effet une pente naturelle vers le nord, depuis sa source aux abords de la ferme de la Vieille Cour. Puis à Baulers, elle fait une courbe et change radicalement de direction pour aller rejoindre la Samme, à Arquennes.

A-t-elle voulu contourner un élément de relief ? Le géographe, qui connaît le terrain et a examiné attentivement les cartes, ne voit pas la moindre trace d’une "bosse" ou d’un rocher affleurant qui aurait détourné le cours d’eau.

Pourtant, une carte qui fait référence et qui montre la disposition du réseau hydrographique au moment où la mer s’est retirée de nos contrées, il y a cinq millions d’années, montre que les rivières suivent la pente du plateau brabançon et coulent vers le littoral, qui à l’époque était situé à hauteur d’Anvers aujourd’hui.

Se basant sur les courbes de niveau, le faible encaissement des vallons abandonnés et les marques d’érosion dans les vallées de la Thines et des affluents, le passionné a découvert que la Thines, par érosion montante, a en réalité intercepté le cours supérieur du Hain. Le coude de Baulers est l’endroit de cette "capture". En réalité, c’est le Hain supérieur qui, avant ce phénomène, prenait sa source près de la ferme de la Vieille Cour.