Brabant wallon Un septuagénaire a nié l’existence des chambres à gaz dans un train… et à l’audience.

Alors qu’il se trouvait dans un train circulant entre Nivelles et Bruxelles, le 24 avril 2018, un policier en civil a vu qu’une autre passagère semblait importunée par le discours que lui tenait son voisin septuagénaire. Et pour cause : l’homme expliquait qu’Hitler avait finalement raison, qu’il avait redressé l’Allemagne et que les données qui circulent sur la Seconde Guerre mondiale sont faussées.

Et lorsque l’homme a enchaîné en affirmant que les chambres à gaz n’avaient rien d’historique, mais qu’il s’agissait de pure propagande, le policier est intervenu. Il a fait remarquer à celui qui tenait de tels propos que ceux-ci tombent sous le coup de la loi, en le priant de cesser. Il s’est fait envoyer sur les roses, bien qu’il ait présenté sa carte de légitimation pour justifier son intervention.

Louis D., un Nivellois né en 1945, a dû venir s’expliquer devant le tribunal correctionnel. Où il a qualifié d’"inique" la loi réprimant la négation du génocide. Avant de préciser qu’il n’avait pas nié le génocide, puisqu’il n’a pas prononcé ce mot dans le train. De même, il a précisé que, contrairement à ce que le policier a rapporté, il n’a certainement pas parlé de Hitler, mais plus certainement de "monsieur Hitler".

Et d’expliquer en audience publique que les chambres à gaz "homicides" des camps nazis ne sont qu’un mensonge "très mal fait", et qu’il s’agissait seulement de caissons pour traiter une épidémie de typhus.

Au ministère public indigné, Louis D. a aussi répondu en contestant le chiffre des morts dans les camps nazis, glissant au passage qu’on parlait très peu des soldats allemands morts de faim "par la volonté du sioniste Eisenhower"

Le tribunal a rendu son jugement mardi. Les propos tenus dans le train et répétés à l’audience par le prévenu constituent bien une infraction à la loi du 23 mars 1995. Le Nivellois écope dès lors de vingt jours de prison et d’une amende de 600 euros. Sans qu’un sursis lui soit octroyé, vu l’absence totale de volonté d’amendement dont il fait preuve.