Brabant wallon Les protocoles sont approuvés, ce sera finalement 201 pertes d’emploi au lieu de 290.

Compte tenu des circonstances, personne ne crie victoire après l’approbation des divers protocoles d’accord à la fin de la semaine dernière, et à l’heure où les textes sont traduits dans des conventions qui seront signées cette semaine. Mais il y aura tout de même moins de pertes d’emploi qu’annoncé en janvier dans la restructuration de NLMK Clabecq.

Lorsqu’elle a lancé le processus de restructuration, la direction du groupe sidérurgique avait annoncé qu’elle envisageait de supprimer 290 emplois. Soit 50 % tout juste de l’ensemble des postes existants sur le site. De quoi jeter un sérieux froid d’emblée et on se souvient d’un personnel sous le choc, de négociations difficiles et émaillées d’épisodes parfois plus que tendus.

Le délai maximal pour faire aboutir la procédure Renault expire à la fin de cette semaine et finalement, 89 des 290 emplois annoncés comme en péril au début de l’année ont pu être sauvés. Ce sont principalement des ouvriers - qui paient malgré tout le tribut le plus important dans cette restructuration - qui échappent au licenciement : 75 d’entre eux voient leur emploi sauvegardé.

Dans les discussions en cours depuis des semaines entre la direction et les syndicats, un travail "département par département" a été réalisé par les délégués pour tenter de préserver l’emploi. Et le département Logistique/Magasin, un des plus important de l’usine, ne sera finalement pas sous-traité alors que NLMK l’envisageait dans son plan.

"Nous avons trouvé des solutions dans une situation qui était dès le départ extrêmement compliquée, confirme le permanent CSC-METEA Lahoucine Ourhibel. Évidemment, comme mes collègues, comme les membres du personnel, j’aurai voulu que tout cela ne se passe pas. Mais voilà, on a géré du mieux qu’on pouvait…"

On se souviendra qu’un volet concernant la modération salariale pour ceux qui conserveront leur emploi avait tendu les discussions. Des mécanismes ont été trouvés pour qu’il y ait un minimum d’impact en ce qui concerne la rémunération nette. Une partie de l’accord concerne aussi la pérennité de l’usine (lire ci-contre).

Le plan social pour ceux qui perdent leur emploi, lui, avait été approuvé en mars.


Pour les syndicats, le dossier ne se clôture pas avec la signature des conventions cette semaine. Le plan industriel doit être appliqué pour assurer la pérennité des activités à Clabecq. Les deux groupes de discussions mis en place dès le début des discussions pour se pencher sur l’efficacité de l’outil et sur les questions de sécurité au sein de la chaîne de production vont continuer à travailler.

"Nous serons très attentifs à la suite, tant vis-à-vis de NLMK que de la SOGEPA, pour que les investissements qui ont été annoncés arrivent à temps et à heure, indique le permanent CSC-METEA Lahoucine Ourhibel. Dans le passé, la société n’a pas suffisamment anticipé. Anticiper, ça veut dire investir dans le matériel mais aussi former le personnel, et chercher constamment à améliorer le produit. C’est cela qui peut aider NLMK Clabecq à s’ancrer durablement dans un marché mondial globalisé, avec un protectionnisme accru et sans doute bientôt une forte concurrence de l’acier chinois. "