En janvier 2019, un élève fréquentant la classe de deuxième maternelle de l’école communale de Grez-Doiceau s’était noyé lors d’une cours de natation dispensé dans une piscine d’Ottignies. Il effectuait des exercices sous la surveillance d’un maitre nageur et à un moment, son boudin flottant lui a échappé. La jeune victime s’est débattue, a coulé et est restée plus de trois minutes inanimée au fond de l’eau.

Ce n’est qu’en revenant dans le bassin avec un autre groupe que le maitre nageur a vu l’enfant, l’a sorti de l’eau et a pu poser les gestes pour le ramener à la vie. Après un passage au soins intensifs, le garçonnet a survécu mais reste extrêmement marqué psychologiquement par cet accident.

L’institutrice chargée de surveiller le bassin depuis le bord durant le cours, comme l’exige une directive de la Fédération Wallonie-Bruxelles, s’était absentée dans les vestiaires pour passer un coup de téléphone. A son retour, elle n’a pas regagné sa place mais est allée discuter avec deux accueillantes qui, elles aussi, étaient chargées de la surveillance des enfants. Ce qui fait qu’aucune des trois n’a remarqué la noyade qui se déroulait à quelques mètres d’elles.

Le tribunal correctionnel a estimé mardi que les trois prévenues avaient fait preuve d’une négligence grave et caractérisée. Il inflige une peine de six mois de prison avec sursis à l’institutrice, et de quatre mois avec sursis aux deux accueillantes. Le maitre nageur, qui était aussi poursuivi, obtient la suspension du prononcé de la condamnation.

La mère de la victime choquée par l'absence des prévenus

Mardi, la mère de la jeune victime était présente pour écouter le prononcé du jugement tandis que de l’autre côté de la barre, seul le maître-nageur avait fait le déplacement à Nivelles. Les prévenues principales, elles, n’étaient pas là.

Je ressens cela comme un manque de respect, confiait la maman de la victime dans la salle des pas perdus du palais de justice. C’est comme si ce qui s’est passé ce jour-là n’était pas important pour elles.”

Par contre, à propos du contenu du jugement, les parties civiles sont satisfaites. “Je suis contente que les responsabilités aient été reconnues, confirme Vanessa Evraerts, la mère de la victime. C’est important de dire que des erreurs ont été commises. On espère que cela servira d’exemple, que de telles choses ne se reproduiront pas.