À l’approche des vacances, les abandons se font plus nombreux

BRABANT WALLON Dans un peu moins d’une semaine, débuteront officiellement les congés estivaux. De nombreux Brabançons wallons en profiteront pour quitter le pays afin de se la couler douce à l’étranger lors de vacances souvent bien méritées. Destination farniente pour la plupart, que ce soit en camping, en appartement ou encore en hôtel.

Si certains emmèneront leur animal de compagnie sur leur lieu de villégiature, ce ne sera pas le cas de tous. Face aux refus de certains sites d’accueillir des animaux domestiques, certains propriétaires sans scrupule n’hésiteront pas à abandonner leur animal, devenu subitement trop encombrant.

En Belgique, chaque année un peu plus de 60.000 chiens et chats trouvent ainsi asile dans l’un des 90 refuges pour animaux que compte le royaume.

En Brabant wallon, Animaux en péril, basé à Braine-l’Alleud, est l’un des deux refuges pour animaux avec Sans Collier (Chastre). Chaque année, près de 3.000 animaux abandonnés, trouvés, perdus ou saisis transitent par le refuge brainois. Et la période des congés scolaires est malheureusement sujette à une forte hausse des abandons.

Les deux derniers week-ends ont ainsi vu exploser le nombre de chats et chiens amenés au refuge. Si l’on n’est pas encore arrivé à saturation, la période est toutefois proche du seuil critique. “Actuellement, le refuge héberge une centaine de chiens à Braine-l’Alleud , explique Marie-Laurence Hamaide, porte-parole d’Animaux en péril. En temps normal, le centre peut accueillir jusqu’à 150 chiens et autant de chats. Mais lors des congés estivaux, nous bénéficions d’une dérogation pour pouvoir accueillir plus d’animaux abandonnés.”

Le problème, c’est que cet afflux massif entraîne une perte d’espace pour chaque animal qui implique aussi une perte de confort et, a posteriori, l’apparition de tensions entre les bêtes.

Selon Animaux en péril, cette situation résulterait du fait qu’il est aujourd’hui trop facile de se procurer un animal de compagnie. “Celui qui prend un animal peut facilement l’abandonner et en reprendre un autre à son retour de vacances. Il agit sur un coup de tête sans penser aux conséquences. On fait office de parc à conteneurs. Quand les gens n’ont plus besoin de leur animal, ils l’abandonnent. C’est devenu un produit de consommation : quand on n’en a plus envie, on le jette. C’est dramatique.”

Et Marie-Laurence Hamaide de déplorer la vente d’animaux par les particuliers. “Ils font cela pour arrondir leurs fins de mois. Le problème, c’est que l’offre est supérieure à la demande. Surtout en cette période où les chatons affluent. Celui qui fait l’effort d’aller chez un éleveur agréé y met le prix, se prive parfois d’autres choses et l’animal prend une place plus importante dans la famille. Ces animaux sont plus rarement abandonnés que ceux acquis chez des particuliers.”

À noter, enfin, que l’euthanasie n’est pratiquée qu’en dernier recours chez Animaux en péril, soit à cause de l’agressivité de l’animal, soit car celui-ci est malade ou pour lui éviter de vivre en cage le reste de sa vie s’il n’a aucune chance d’être replacé.



© La Dernière Heure 2012