Les vidéos de professionnels de l’Horeca et d’autres secteurs touchés par les mesures sanitaires inondent les réseaux sociaux depuis jeudi. Après l’action menée il y a deux semaines à Nivelles, Rixensart et Waterloo notamment, le Collectif Horeca Wallonie a lancé une nouvelle offensive, le mouvement "stop". L’objectif est clair : mettre fin aux mesures que le secteur juge discriminatoires et exiger des aides financières à la hauteur des pertes.

Dans ces vidéos, chaque participant s’adresse au Premier ministre Alexander De Croo en lui expliquant ce qu’il s’apprête à lui envoyer par courrier. Pour ce qui est du choix du colis, il n’y a pas de ligne de conduite imposée et les participants sont libres de choisir ce qu’ils souhaitent envoyer au 16, rue de la Loi.

Maxence van Crombrugge, restaurateur à Genappe et l’un des instigateurs du mouvement, n’a pas manqué d’humour pour préparer son colis dans lequel il a glissé une bière des Amis, un bouchon et… du papier toilette, "symbole éphémère d’une situation de guerre en mars 2020", lâche-t-il dans la vidéo avant de lire ce qu’il a écrit dessus : "Cher Alexander (pas encore le Grand), je te dis stop à ton entêtement à suivre une politique sanitaire qui détruit plus que ce qu’elle ne protège."

Au-delà du trait d’humour, le restaurateur tient à faire passer des revendications de tout un secteur : "On ne veut pas être dans le dernier wagon du déconfinement et, si on l’est, on veut des indemnités compensatoires pour éviter de nouvelles faillites, explique-t-il. Depuis un an, l’Horeca paie un lourd tribut, nous ne sommes pas du tout considérés. Seulement 10 % de nos frais fixes sont couverts par les aides."

Et d’illustrer avec son cas personnel, lui qui possède cinq restaurants : il estime que les aides reçues reviennent à environ 1.100 euros par mois par établissement. "Or j’ai des frais fixes importants et je m’endette chaque mois de 20.000 euros", souffle le restaurateur.