LA HULPE

Les plaidoiries contre le projet FedEx débutent aujourd’hui devant la Cour constitutionnelle

URBANISME Depuis l’annonce, il y a plus de deux ans, de l’intention de FedEx d’implanter son siège social pour l’Europe à La Hulpe, les opposants au projet ont multiplié les recours.

Le permis, cassé à trois reprises par le Conseil d’État, a finalement été accordé par le Gouvernement wallon via son décret Dar, qui lui permet d’accorder des permis dans des dossiers d’intérêt majeur.

Pour les opposants, il s’agit d’une ingérence du monde politique dans le monde judiciaire. “C’est un moyen détourné pour contourner la loi “, peste Roland Rousseaux, le président de l’ASBL La Hulpe, notre village. “Avec ce décret, plus personne n’a de recours. Ça laisse la place à de multiples abus. C’est pourquoi nous avons porté le dossier devant la Cour constitutionnelle.”

Les opposants à FedEx espèrent que la cour, qui entamera les débats aujourd’hui, cassera le décret Dar. Ce qui signifierait la fin du projet FedEx. “L’implantation de cette société à La Hulpe entraînerait d’énormes problèmes de mobilité. Les rues ne pourraient pas absorber le flux de véhicules supplémentaires. Circuler à La Hulpe deviendrait un calvaire.”

Car, selon les opposants et contrairement à ce qu’annonçait le ministre André Antoine lorsqu’il a accordé le permis, il serait faux de croire que FedEx créera réellement de l’emploi à La Hulpe. “Il ne fera que déplacer de l’emploi existant en Flandre. Les travailleurs continueront donc de payer leurs impôts en Flandre mais les nuisances, elles, seraient bel et bien pour la commune de La Hulpe. Je ne vois pas où pourrait être l’intérêt majeur pour la Région que l’on nous rabâche depuis le début. On nous prend vraiment pour des imbéciles. Le projet n’est qu’une promotion immobilière strictement privée pour Codic, le promoteur.”

Autre grief à l’encontre de FedEx : la proximité avec une réserve naturelle. “Construire plus de 15.000 m² de bureaux ne se fait pas sans mal pour la nature. Or, ici, on est à l’entrée de la forêt de Soignes. Accepter le projet causerait un véritable désastre écologique.”

Quant au fait que FedEx menace de quitter la Belgique si elle n’obtenait pas son permis, Roland Rousseaux n’en a cure. “C’est du chantage politique de bas étage. Ils font croire qu’ils n’ont pas de plan B. Mais La Hulpe n’est pas le seul endroit où FedEx peut s’implanter. Pourquoi ne veulent-ils pas s’installer à Louvain-la-Neuve, par exemple ?”

Enfin, les opposants au projet s’interrogent également sur l’avenir du site. “Que se passera-t-il si le projet introduit par Codic n’est, in fine, pas occupé par FedEx ou si FedEx décide plus tard de quitter le site, comme IBM l’a fait en son temps ? Les motifs impérieux d’intérêt régional ont, on le voit, une valeur toute relative dont la pérennité n’est pas garantie… alors que les dommages subis par le site sont, quant à eux, irréversibles.”

La décision de la cour est attendue pour mars 2010.



© La Dernière Heure 2009