Le sort réservé à nos animaux pourrait jouer un rôle dans les élections, selon Gaïa

L’association de défense des animaux Gaïa a publié, hier, les résultats d’une grande enquête menée auprès de l’ensemble des communes wallonnes, flamandes et bruxelloises sur les actions qu’elles mènent en matière de bien-être animal. Neuf critères ont été mis sur pied, comme par exemple le fait d’avoir un échevinat dédié à la cause animale, la mise en place de campagnes de stérilisation des chats errants ou de lutte contre la surpopulation des pigeons. Neuf critères qui ont permis d’établir un classement des meilleures communes en matière de bien-être animal.

À ce petit jeu, c’est la commune de Jemeppe-sur-Sambre (province de Namur) qui tire le mieux son épingle du jeu, avec la cote maximale de 100 sur 100. Les 20 communes du Brabant wallon ayant répondu à l’enquête (voir infographie) sont plutôt à la traîne : la moyenne de la Jeune Province n’est que de 50 %. Et, avec un score de 71 %, c’est la commune d’Orp-Jauche qui remporte les lauriers en étant numéro 1 des communes du Brabant wallon en matière de bien-être animal, talonnée par Wavre (70 %) et Rixensart (68 %).

"Une cote de 71 %, c’est déjà bien mais on peut encore mieux faire, encourage Michel Vandenbosch, le président de Gaïa. À l’inverse, le score de 24 % obtenu par Hélécine est épouvantable. Évidemment, cette enquête n’est pas une science exacte, mais cela donne quelques indications. Il ne suffit d’ailleurs pas de dire qu’on mène des actions pour avoir une bonne note. Ainsi, une commune qui lutte contre la surpopulation des pigeons en les attrapant puis en les gazant n’aura pas une bonne cote dans ce critère."

À l’aube des élections, Michel Vandenbosch estime que l’approche des candidats face au bien-être animal pourrait jouer dans la balance. "Entre un candidat qui s’en contrefiche et un autre qui prend le sujet très à cœur, certains citoyens n’hésiteront pas. Le bien-être animal est une problématique qui devient de plus en plus importante aux yeux des gens. Et ce n’est pas parce qu’on est une petite commune qu’on ne doit pas agir. Il y a une foule d’actions possibles qui ne demandent pas beaucoup de moyens financiers."

À Orp-Jauche : Alain Ovart a pris la problématique à bras-le-corps. Il se réjouit d’ailleurs d’être numéro 1 en Brabant wallon. "Ça fait énormément plaisir de voir que le travail paie, confie l’échevin orp-jauchois. Je dis toujours aux gens qu’il faut travailler en faisant son possible, pas forcément dans l’optique d’être le meilleur. Mais les résultats de cette enquête nous prouvent qu’on est dans la bonne voie et qu’on doit poursuivre dans ce sens."

Au soir du 14 octobre, date des élections, Alain Ovart espère recevoir l’assentiment des citoyens pour continuer son rôle d’échevin. "Si c’est le cas, je demanderai à nouveau la compétence du bien-être animal dans mes attributions. C’est un rôle qui me tient très à cœur. L’échevinat du Bien-être animal avait été créé sous la législature précédente mais aucune action n’avait été mise sur pied. Ça n’avait aucun sens. Durant les six années qui viennent de passer, j’ai donc voulu changer la donne."

Époux d’une femme végétarienne, Alain Ovart ne se dit pas anti-élevage. "Mais il faut que ceux-ci soient réalisés dans de bonnes conditions, pour que l’animal ne souffre pas. J’écoute souvent les gens et ils sont très sensibles à la cause animale."

Parmi les actions mises sur pied par l’échevin, on note des efforts dans le cadre d’une politique de stérilisation des chats errants, la création d’une journée du bien-être animal dont les bénéfices sont reversés à l’ASBL orp-jauchoise SOS Petits Museaux, l’autorisation aux bénéficiaires de logements sociaux d’avoir un animal de compagnie ou encore la création d’une page Facebook destinée à alerter des pertes d’animaux dans la commune. "Il nous est même arrivé de mettre en place des battues pour retrouver, avec succès, des animaux perdus."

Pour la prochaine législature, Alain Ovart espère au moins maintenir son score de 70 sur 100.

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Anne-Marie Bertrand a en charge le bien-être animal au sein de la commune d’Hélécine.

 Bon dernier, la présidente du CPAS qui a cette compétence explique la situation de la plus petite entité du Brabant wallon. "Très clairement, nous n’avons pas beaucoup de finances. Auparavant, on travaillait pour la stérilisation des chats errants avec la Région mais ils ont changé le règlement d’octroi des subsides, en évoquant tous les chats et non plus seuls ceux qui errent en rue… Donc on a reculé tout comme, à ma connaissance, beaucoup d’autres communes. On a appris qu’ils ont de nouveau ciblé les chats errants, ce qui est une bonne chose, mais, alors que l’on allait repartir sur l’initiative, nous avons constaté que les contraintes imposées n’étaient tout simplement pas possibles pour Hélécine ! Nous ne pouvons plus travailler avec la vétérinaire du village. C’est dommage car cela fonctionnait bien… Mais faire 10-12 kilomètres pour effectuer les stérilisations, c’est ingérable pour une petite commune comme la nôtre avec peu de moyens humains et financiers ! Nous avons 4.000 habitants, quand il y a un problème, on fait quelque chose. Mais apprendre que l’on est bon dernier, j’avoue, je suis étonnée car on tente de faire tout ce que l’on peut, on ne relève vraiment pas de gros soucis. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de chats errants mais si, auparavant, j’avais des appels, cela fait un certain temps que cela n’arrive plus. J’espère sincèrement que l’on va remonter très vite dans ce classement et prendre en compte des critères plus larges et réalistes."

En savoir plus

Tout savoir sur l’enquête de Gaïa :

www.jevoteanimaux.be