Le président du Conseil communal alimente à son tour le dossier sur l’Esplanade

Que celui qui détient toute la vérité sur le projet d’extension de l’Esplanade nous jette la première pierre. Ce dossier d’extension du centre commercial néolouvaniste est en effet tellement complexe que certains ont tenté de tirer leur épingle du jeu, à coups de communiqués, d’interview, de tweets ou de tracts.

Traduisez : certains ont donné des informations partielles à la population pour gagner cette bataille du pour ou contre cette extension. Et le citoyen ? Il n’y comprend plus rien.

Dans ce contexte , le président du conseil communal d’Ottignies-LLN, Hadelin de Beer (Ecolo), a publié un article sur son blog où il tente de dénicher le vrai du faux, préférant "dire la vérité plutôt que d’être réélu sur un mensonge."

Il détricote deux positions. La première postule que s’il y a une volonté politique, il est encore possible de refuser cette extension. Info ? Intox ? "Heureusement que ce n’est pas vrai, rassure Hadelin de Beer. Imaginez un lotissement de plusieurs maisons. Vous achetez une parcelle et vous voulez construire. Le politique pourrait vous en empêcher ? Non, car vous êtes propriétaire."

Dans ce dossier, l’UCL est propriétaire du terrain. Dans nos éditions précédentes, l’université déclarait même qu’elle avait promis cette extension au promoteur Klépierre, via un bail emphytéotique.

Deuxième postulat : il n’est plus possible de refuser cette extension pour des motifs politiques ou socio-économiques. "Soyons nuancés, répond le président. La réponse se trouve en amont de l’appareil législatif. Je suis contre cette extension. Mais l’Europe interdit au pouvoir politique régional ou local de réguler les implantations commerciales, sauf par quelques mesures assez restreintes. Personne ne peut changer les choses, sauf le commissaire européen !"

Ce petit détail, souvent oublié par certains, permet de mieux comprendre la situation dans laquelle les élus communaux se trouvent. Ont-ils dès lors perdu la main ? Pas tout à fait. Ils leur restent deux cartes à jouer. "Soit les conclusions de l’étude d’incidence sont négatives et le projet est enterré, mais cette probabilité est très faible. Soit le promoteur prend conscience des arguments développés lors de la consultation populaire et modifie ses plans."

Désormais en route et pilotée par un comité spécial, cette consultation populaire sur l’extension de l’Esplanade aura lieu aux alentours des 20 et 21 mai prochain. Elle ira au-delà du oui ou du non et proposera une liste d’arguments permettant aux votants de justifier leur choix.

Les votants, justement. Qui seront-ils ? Seuls les habitants qui figurent sur les listes électorales. "Cela pose un vrai problème pour la démocratie, souligne le président du conseil communal, Hadelin de Beer. L’Esplanade bénéficie à bien plus que les 32.000 habitants qui auront droit au vote. Ni les visiteurs, qui sont 7,5 millions par an, ni les commerçants, ni les générations futures n’auront droit au chapitre. Il y a quelque chose qui est moche dans tout cela. Notre territoire n’appartient pas qu’à nous."

Pour éclaircir son point de vue, Hadelin de Beer opte pour une analogie. "Prenez les gens qui vont chaque jour travailler à Bruxelles. Pensez-vous qu’ils n’aimeraient pas avoir leur mot à dire pour l’aménagement de l’endroit où ils travaillent ?" Bien que la consultation soit semée d’embûches, il réaffirme être pour l’organisation de celle-ci.

© dr