Brabant wallon Une petite dizaine d’agriculteurs menacés d’expulsion ont mené une opération de sensibilisation, lundi

Lundi, lors de la journée internationale des luttes paysannes, plusieurs associations ont choisi Perwez pour dénoncer la disparition de terres agricoles. Il faut dire qu’un dossier oppose depuis quelques mois la commune et une petite dizaine d’agriculteurs : celui de contournement de Perwez.

La première phase du chantier est visible depuis l’autoroute E411 à hauteur de Perwez, où le squelette d’un pont de béton prend forme, perdu au milieu de champs agricoles. Concrètement, ce projet vise la création d’une extension de la zone d’activité économique (ZAE) et d’une route de contournement pour désengorger l’autoroute depuis Thorembais.

Le hic, c’est que sept agriculteurs sont menacés d’expulsion et plus de 55 hectares de leurs terres agricoles pourraient être bétonnés.

Le projet a déjà obtenu son feu vert mais les phases importantes des travaux n’ont pas encore débuté car les négociations concernant les expropriations d’une partie des exploitations agricoles sont encore en cours.

L’année dernière, les agriculteurs ont déjà contesté ce projet devant le Conseil d’Etat mais récemment, ce dernier a jugé leur plainte irrecevable estimant que le permis était bien valable et sans préjudice grave.

Pour ces agriculteurs, cette mobilisation est donc la dernière cartouche pour ne pas être exproprié. "Le gouvernement wallon a pris des engagements et on voudrait les voir se concrétiser, plutôt qu’entendre chaque fois qu’il s’agit d’une exception, qu’il y a des conditions particulières au cas d’espèce…, indique Damien Charles, au nom du Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (ReSAP). Ici, on va perdre 55 hectares de terres parmi les plus fertiles de Belgique : c’est totalement absurde !"

Malgré le froid et le vent piquants, le programme de la journée a mêlé l’utile à l’agréable : barbecue, buffet local et paysan, chasse aux œufs et la plantation symbolique de patates au pied du chantier en construction. Quelque 150 personnes ont répondu à l’appel d’une trentaine de syndicats paysans, ONG et associations environnementalistes.

Plus tôt dans la journée, un bus était à leur disposition depuis Gand et Bruxelles en passant par Gembloux pour acheminer les participants.