Thibaut Desmet, de la ferme du Ponceau à Thorembais-Saint-Trond, vit mieux depuis qu’il a rejoint la coopérative "En direct de mon élevage".


Une centaine d’éleveurs wallons se sont rassemblés dans la première coopérative wallonne de viande bovine (voir aussi page 6 de cette édition). Leur objectif, contrer l’industrie agroalimentaire en proposant de la viande en circuit court pour la grande distribution et la boucherie traditionnelle à un prix juste pour l’éleveur.

Le groupement, créé à la suite du scandale Veviba l’an dernier, est le seul à se doter d’un hall de découpe. Celui-ci est situé dans le zoning industriel de Perwez et permet l’abattage de 130 bêtes par semaine. Ce ne sont pas moins de 70 sur les 100 coopérateurs qui portent déjà leurs animaux dans l’infrastructure. Et ce chiffre devrait grimper rapidement puisque deux acteurs importants de la grande distribution ont fait part de leur intérêt.

C’est que le concept séduit les éleveurs "viandeux" aux quatre coins de Wallonie. S’ils sont un peu moins nombreux en Brabant wallon, cela ne devrait être qu’une question de mois avant que d’autres éleveurs ne rejoignent la coopérative. Pour y avoir adhéré dès le début, Thibaut Desmet de la ferme du Ponceau à Thorembais-Saint-Trond se dit ravi des retombées de ce système sur son exploitation. "Aujourd’hui, avec l’industrie, on ne peut plus rentrer dans nos coûts de production et se faire un salaire décent, explique-t-il. Avec la coopérative, je peux fixer un prix et avoir un revenu garanti. Je vais porter la bête moi-même à l’abattoir donc j’ai la garantie qu’elle est transportée à l’abattoir le plus proche et qu’elle sera tuée dans l’heure. Je sais qu’elle ne sera pas transportée pendant 5 heures dans un camion. Mes vaches, je les fais naître, je les élève et je les engraisse. C’est une fierté de les accompagner jusqu’au bout."

L’éleveur perwézien voit encore un autre avantage dans cette coopérative, c’est qu’elle permet de donner une nourriture de meilleure qualité pour les bovins. "Je nourris mes bêtes avec des produits sans OGM et issus de nos exploitations. Alors qu’auparavant, on devait les nourrir avec les aliments fournis par les industriels destinés à engraisser les bêtes très rapidement."

Thibaut Desmet voit déjà le retour sur investissement : il estime toucher environ 400 euros de plus par tête vendue depuis son adhésion à "En direct de mon élevage".