La commune achète des anciens bâtiments industriels, mais l’opposition pointe le coût de la dépollution.

S’ils témoignent du riche passé industriel de la région, ces quelques bâtiments inoccupés en bordure de Court Village, sur le site Henricot II, ne sont pas franchement des plus accueillants. L’un d’eux a même la toiture grignotée, victime d’un incendie survenu il y a quelques années. Mais ces vestiges des usines Henricot devraient bientôt appartenir au passé. La commune a en effet approuvé au dernier conseil communal l’achat à trois propriétaires de ces parties de bâtiments et terrains pour un montant de 2,235 millions d’euros, avec un subside wallon de 1,3 million. L’objectif est ainsi d’entamer la seconde phase de Court Village, en revendant ces parcelles au promoteur Equilis, déjà à la manœuvre de la première phase.

Sauf qu’il est fort probable que ces anciens bâtiments industriels contiennent, entre autres, de l’amiante dû aux activités industrielles du site. Il faudra donc désamianter et dépolluer, comme ce fut le cas pour la première phase des travaux. Et c’est bien ça qui inquiète les conseillers de l’opposition, sceptiques au moment d’approuver l’acquisition des biens. "Si on découvre une pollution problématique dans ces bâtiments qui seront la propriété de la commune, est-ce que le promoteur va payer la dépollution ? ", s’est demandé Michel Tricot (Ecolo).

"Nous n’avons pas encore tranché", a répondu le bourgmestre stéphanois Michael Goblet d’Alviella. Et l’échevin des Finances Yves Somville d’ajouter que l’expert immobilier n’avait pas pu estimer les coûts de la dépollution.

Le groupe Oxygène, pour sa part, a voté contre cet achat, estimant le montant démesuré vu l’état délabré des bâtiments et la pollution importante des sols. " Aucune étude n’a été commandée, à ce jour, pour estimer les coûts d’assainissement !, a déploré Walter Feltrin, pointant par ailleurs le conflit d’intérêts dans le chef de l’échevin des Finances, aussi notaire et négociateur du rachat des terrains. On avance à l’aveugle ! Une ancienne étude parle bien, selon certains, de plusieurs centaines de millions d’euros pour le travail d’assainissement de l’ensemble du site. "