Un entrepôt loué par une soi-disant firme hollandaise abritait une gigantesque plantation

En janvier 2015, ne recevant plus les loyers pour l’entrepôt de Waterloo qu’il louait à une entreprise hollandaise spécialisée dans les vêtements, un propriétaire s’est inquiété. Et lorsqu’il s’est rendu sur place avec des policiers, ceux-ci ont découvert plus de 2.800 pots qui avaient contenu du terreau… et sans doute des plants du cannabis au vu des traces de l’installation ainsi que les 34 cartons de lampes chauffantes trouvés sur place.

La plantation avait été démontée mais sa surface dépassait 200 m². Les voisins ont confirmé les nombreux allers-retours de conteneurs et de camions en décembre 2014. L’odeur de cannabis était encore importante, et les traces laissées permettaient de voir où se situaient les chambres de culture, les lieux dédiés à la logistique ou encore l’endroit où étaient logés ceux qui devaient s’occuper des plants au quotidien.

Les enquêteurs sont remontés jusqu’à un certain Mounir, déjà condamné pour trafic de stupéfiants aux Pays-Bas et impliqué dans le même type de plantations à Meise et à Asse. Il était en contact avec Marco, l’agent immobilier tubizien qui a facilité la location à Waterloo sans demander de papiers d’identité ni de statut de société, et ne s’est guère étonné que la garantie et les loyers mensuels - 4.500 € - soient versés en cash. Et d’autres protagonistes qui ont travaillé sur place ont été identifiés.

Lundi, le tribunal a infligé par défaut trois ans de prison ferme et 6.000 € d’amende à Mounir. Son arrestation immédiate a été ordonnée, et une somme de 250.000 € lui est confisquée. L’agent immobilier qui disait n’être au courant de rien écope de 18 mois de prison et de 6.000 € d’amende, le tout avec sursis mais 30.000 € lui sont confisqués.